Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 2, mars-avril 1999 > Loi Aubry, Loi piège

Loi Aubry, Loi piège

CITROEN : Obligation du travail du samedi et réduction du salaire

Mis en ligne le 1er avril 1999 Convergences Entreprises

La flexibilité ! A Citroën Aulnay (92) le patron n’a pas attendu l’accord signé par tous les syndicats sauf la CGT pour l’imposer, mais il compte bien profiter à plein des avantages qu’il lui apporte.

Il disposait déjà de 94 heures supplémentaires par an, auxquelles s’ajoutaient 36 heures de dérogation pouvant être accordées par l’inspection du travail, au total 130 heures par an, c’est à dire 16 samedis travaillés. Grâce à l’accord il disposera de 180 heures, soit 22 samedis travaillés par an. Un samedi sur deux ! Et grâce à ces deux samedis travaillés par mois, Citroën veut imposer une semaine de six jours suivie d’une autre de 4 jours. Ainsi le passage aux 35 heures de travail effectif, sans compter les pauses, se traduirait en fait, dans certaines périodes, par des semaines de 46 à 48 heures.

Bien plus ces samedis, dorénavant obligatoires, ne seront plus payés à 125 % du taux horaire mais à 2 % de la rémunération mensuelle. Bilan : deux samedis travaillés en heures supplémentaires, qui rapportaient environ 1000 F, ne seront plus payés que 320 F, soit une perte d’environ 700 F par mois pour un salaire d’environ 8000 F.

Le but du patron est de pouvoir faire tourner ses machines sans interruption.

Pour cela, d’une part il met en place, courant mars, dans un nouveau secteur du ferrage (où il est prévu de sortir 1450 caisses de voitures au lieu de 1200 actuellement), une équipe de V.S.D. (vendredi-samedi-dimanche) où les ouvriers, sans toucher plus que leur salaire actuel, travailleront 28 heures, deux fois 10 heures et une fois 8 heures.

D’autre part l’équipe de nuit, qui n’existait jusqu’ici que dans une partie de l’usine, au Ferrage et en Peinture, va s’étendre à une partie du Montage. L’emploi massif d’intérimaires permet déjà de sortir actuellement 270 véhicules par nuit. Un bilan devrait être fait en fin d’année sur la qualité des véhicules ainsi produits. Si elle est bonne, une rumeur circule que la direction mettrait alors tout le monde en 3x8.

Bilan : cinq mille emplois en moins

La baisse du temps de travail à PSA (actuellement 87 578 salariés) se traduira seulement par 3000 embauchés au titre de la RTT, car Citroën a décompté le temps de pause (1 h 45) du temps de travail effectif. Or il y a actuellement 5000 intérimaires dans le groupe. D’autre part Citroën a couplé l’accord sur les 35 heures avec un autre accord sur les départs en pré-retraite. Cet accord parallèle prévoit une embauche de jeune pour trois départs de travailleurs âgés en pré-retraite. Sur cinq ans, il y aura 12 500 départs et 4160 embauches sur le groupe. C’est-à-dire 8340 emplois perdus.

Mais pour cela, PSA touchera quand même la bagatelle de 1,3 milliard de francs de subventions de l’Etat.

A la finale 12 500 travailleurs partiront et seulement 7160 seront embauchés (3000 au titre de la réduction du temps de travail et 4160 au titre de l’accord sur les départs en pré-retraite). Bonjour les cadences pour ceux qui resteront et pour les jeunes embauchés.

5 mars 1998

M.B.

P.S. : L’annonce d’une embauche supplémentaire de 1500 jeunes par Citroën ne changera rien à la situation décrite ci-dessus : il est clairement dit qu’elle est liée à une nouvelle augmentation de la production.

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article