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Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > mai > 21

C’est quoi, leur « croissance » ?

François Hollande nous a annoncé des Etats-Unis que son nouvel ami Obama et lui étaient d’accord pour mener une politique de « croissance ». Que cela avait été le grand sujet de cette réunion du G8 qui rassemblait les chefs d’Etat des pays les plus riches.

Mais attention, cette croissance devrait s’accompagner de la rigueur budgétaire et de la réduction des déficits. Autrement dit, le « changement », ce n’est pas vraiment maintenant ! Il va falloir, encore et toujours, payer la dette, c’est-à-dire rembourser les banques (pourtant déjà renflouées). Et pour cela réduire les dépenses publiques, et donc diminuer les frais de santé, le montant des retraites, supprimer encore des emplois, fermer des classes, des hôpitaux... Bref, toujours aux mêmes de payer.

Pas un mot sur la croissance des salaires, ni des emplois !

Et comment stimuler ce que les présidents, ministres et patrons appellent la croissance ? En créant massivement des emplois dans les hôpitaux ? Dans l’Education nationale (où Hollande s’est contenté de promettre 60 000 malheureux postes en 5 ans, pris sur d’autres postes de fonctionnaires) ? Les transports publics ? La Poste (où 50 000 postes vont être supprimés de 2010 à 2015) ? Les services sociaux ? Bien sûr que non. Cette croissance-là n’intéresse pas François Hollande. Son premier ministre vient de créer un « ministère du redressement productif », un nom ronflant chapeauté par Arnaud Montebourg. Mais le redressement en question, cela se fera comme toujours par des « incitations » aux entreprises.

Incitations… ou assistanat ? Il ne faut pas confondre. Les « incitations », ce sont les milliards aux banques, aux grands patrons et aux marchands d’armes. « L’assistanat », ce sont les misérables allocations aux pauvres, que l’on rétrécit régulièrement pour ne pas aggraver… le déficit.

La fameuse « reconquête industrielle » comme dit Montebourg, cela sert partout de prétexte à de nouvelles libertés pour les patrons contre les salariés, comme en Italie où au nom de la croissance, le gouvernement vient de faciliter les licenciements en supprimant une mesure du code du travail, jugée « trop contraignante » par les investisseurs.

La croissance des inégalités

Et à supposer que la croissance arrive, que ce passerait-il ? Il suffit de regarder le “modèle” allemand où il y a eu et la « croissance », et l’austérité.

 Avec en effet comme résultat une croissance formidable... des inégalités, de la précarité, de la misère, des petits boulots payés à un euro de l’heure.
Car la crise n’est pas pour tout le monde. Elle s’accompagne partout de cette prodigieuse croissance des inégalités et de l’injustice sociale. En Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande… Mais pas seulement. Aux Etats-Unis, où 25 millions d’emplois ont été supprimés en cinq ans, les salaires et les pensions de retraites ont été réduits, l’exploitation de ceux qui ont encore du travail s’est accrue. Même chose au Canada, où les étudiants du Québec se battent depuis des semaines contre la hausse des droits d’inscription. Même chose en Angleterre où la misère devient de plus en plus visible.

Ici, en France, de nouvelles vagues de fermetures d’entreprises et de licenciements sont annoncées. Dans les entreprises publiques, les restructurations se poursuivent avec à la clé des suppressions d’emplois massives. Si l’on a changé la photo des ministres devant les marches de l’Elysée, c’est bien la même politique qu’Hollande et son gouvernement ont l’intention de poursuivre.

Dans de nombreux pays la colère éclate régulièrement contre les pouvoirs en place. La seule crainte des patrons et des politiciens à leur service, de droite ou de gauche, c’est que cette colère devienne une véritable explosion populaire, se propageant d’un pays à l’autre. A nous de confirmer leurs craintes. Car la croissance vue par le monde du travail, n’a vraiment, vraiment rien à voir avec celle du monde du capital.

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