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À voir, un documentaire de la chaîne Arte

Berlin 1945 – le journal d’une capitale

19 mai 2020 Article Culture

L’originalité du documentaire de Volker Heise tient au fait qu’il suit le déroulement de cette seule année 1945, parfois au jour le jour, et dans la seule capitale allemande. Il s’appuie notamment sur des journaux intimes et des collections de lettres rédigées par des habitants de la capitale, dont des prisonniers de guerre ou des travailleurs forcés étrangers, mais aussi des membres de l’Armée rouge comme le correspondant de guerre Vassili Grossman. Des images d’archives illustrent la lecture de ces textes. Il arrive qu’on voie à l’écran, filmés par les caméras de Goebbels, des témoins dont les journaux intimes dévoilent l’envers du décor.

La première partie du film montre une capitale qui s’efforce de mener une vie normale sous les bombardements aériens. En particulier, les cinémas restent très fréquentés. La conscience de l’inéluctabilité de la défaite n’émerge que confusément et tardivement parmi les Berlinois à qui la propagande continue de marteler que la victoire approche. Il est alors trop tard pour échapper aux nazis qui mobilisent tous les habitants, et liquident dans un même mouvement archives et détenus politiques. La peine de mort est promise à qui utilisera l’électricité pour faire la cuisine… De l’autre côté, si l’irruption des chars soviétiques emplit de joie les travailleurs forcés et les prisonniers de guerre alliés, elle traîne dans son sillage un cortège abominable de viols de masse.

La deuxième partie du film s’ouvre sur les derniers jours d’avril et l’encerclement de Berlin par l’Armée rouge. Il montre l’occupation par les troupes alliées qui suit la chute du régime et de sa capitale. Les Soviétiques font déblayer les rues par les ex-membres du parti nazi, tandis que les Pionniers antifascistes créés par les staliniens allemands, arrivés dans les valises de l’Armée rouge, recrutent les anciens cadres des Jeunesses hitlériennes. Lorsque l’hiver s’abat sur la ville, les relations avec les troupes d’occupation occidentales sont déjà l’enjeu d’un bras-de-fer autour du ravitaillement de Berlin ravagé par les pénuries.

Une préfiguration de la guerre froide.

Le documentaire croise la multitude des témoignages « à hauteur d’homme » avec une analyse plus large des événements en utilisant photos et films d’archive de manière très parlante. Il donne la mesure du drame, par-delà la force des émotions.

M. P.


Sur le site d’Arte, disponible jusqu’à 2 août 2020

Cliquer ici : 1re partie et 2e partie.

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