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Bac Blanquer, ou la grande bidouille

28 juin 2020 Article Politique

Cette année 2020, année maudite, 740 601 jeunes vont être privés du bac, cette épreuve nationale et quasi initiatique (disent certains !) de passage à l’âge adulte. Du moins ne connaîtront-ils pas « le » grand jour et ses frissons. Mais comme la société bourgeoise ne peut vivre sans faire des comptes d’apothicaires, des évaluations, des notations et des classements entre premiers et derniers de cordée, un bac sera néanmoins délivré, mérité et décroché au « contrôle continu », c’est-à-dire en fonction de notes obtenues en classe et figurant sur des livrets et dossiers revus en fin d’année, assorties d’appréciations éventuelles de profs et entérinées ou pas par les jurys qui vont proclamer les résultats…

Cela pourrait sembler simple mais c’est en fait « prise de tête » et bidouillages de notes dans tous les sens ! Sans que rien ne soit cadré et harmonisé réellement, à part la consigne d’arrondir à la note supérieure.

Au contrôle continu d’avant l’ère du coronavirus, les notes sont souvent plus basses, car les exigences des profs sont plus élevées pour évaluer ce qui est en cours d’acquisition. La démarche est différente lors d’un examen-couperet où une plus grande indulgence prévaut. Or il faut 10 pour avoir le bac et entre 8 et 10 pour aller à la « repêche », donc problème ! Par ailleurs, les profs quelque peu élitistes des grands lycées bourgeois pourraient favoriser leurs ouailles, histoire qu’elles aient leurs entrées dans de bonnes grandes écoles ! Les profs sympas des lycées de banlieue, pour tempérer la mauvaise réputation géographique de leurs établissements, pourraient favoriser les leurs et être trop cléments ! Gare aux « ruptures d’égalité », disent certains, comme si égalité sociale il y avait !

Par ailleurs, il ne faudrait pas que les résultats du bac soient plus mauvais cette année, y compris pour les « mentions » (encore des barrières à franchir !), si précieuses pour intégrer certaines écoles ou prépas ! Donc partout, l’administration s’agite pour faire remonter les notes : parfois il y a l’accord des enseignants suite aux conseils de classe mais parfois le chef d’établissement agit tout seul… s’il agit ! Et ne parlons pas du privé… À la grâce de Dieu !

Le bac était déjà sur la sellette. Une nouvelle opération de « com’ » se prépare, pour vanter la supériorité du contrôle continu sur l’examen, sa plus grande simplicité (l’économie financière réalisée aussi, si le bac traditionnel disparaît !). Ce qui est certain, c’est que la société capitaliste, qui tient statistique de tout, reste assez imprécise sur les centaines de milliers de jeunes, ou bien plus, qui, avec ou sans bac, voire avec des « bac + 3 » et au-delà, vont se retrouver plus nombreux que jamais… au chômage.

C’est cette gangrène-là qu’il faudrait contrôler en continu !

Liliane Lafargue

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