Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Autres archives > Articles de Convergences révolutionnaires à paraître

« Agribashing », comme s’en plaint la FNSEA, ou l’indispensable remise en cause de l’agriculture capitaliste ?

16 mars 2020 Politique

« Agribashing »  ! Un mot qui revient souvent dans les médias et dans la bouche des responsables de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). Les agriculteurs seraient victimes de « lynchage médiatique » d’après ce syndicat majoritaire aux élections professionnelles (et d’obédience patronale), qui a pourtant toujours été chouchouté par tous les ministres de l’agriculture et qui a contribué à toutes les dérives du monde agricole : concentration des exploitations, des élevages, producteurs sous la coupe de l’industrie agro-alimentaire, utilisation massives des pesticides, pollution de l’environnement et de l’alimentation, etc.

À l’heure où une partie importante de l’opinion mesure les dégâts de l’agriculture industrielle, s’inquiète de ce qu’elle trouve dans son assiette et demande à l’agriculture de changer, les responsables de cette situation, autrement dit le lobbying du capitalisme agricole, se présentent comme des victimes ! Ils refusent de se remettre en cause (et de remettre en cause le business qui l’accompagne). Même quand l’État fait mine de réglementer : le plan de réduction de l’usage des pesticides adopté il y a douze ans s’est traduit par 20 % d’augmentation, faute de volonté politique, bien sûr ! Et les agriculteurs sont les premiers empoisonnés.

Main dans la main avec la gendarmerie nationale

Le lobbying de la FNSEA auprès des responsables politiques a passé un nouveau cap avec la création en octobre 2019 de « Déméter », une cellule policière de renseignement dédiée aux « atteintes au monde agricole », convention signée entre le ministère de l’Intérieur et la FNSEA, ainsi que sa branche Jeunes agriculteurs. La Coordination rurale a demandé à y être associée alors que la Confédération paysanne l’a dénoncée. Selon la présentation de Castaner en décembre 2019 [1] :

« Créée au sein de la gendarmerie nationale (c’est-à-dire la police des campagnes), la cellule Déméter va permettre :

  • d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;
  • de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions »… (y compris, ajoute-t-il plus loin, les) « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques. »

Tout sera ciblé, des cambriolages et vols de matériel aux actions contre l’usage des pesticides, contre les usines à vaches ou à poulets ! D’ailleurs, 35 organisations et acteurs de l’écologie et du monde de l’agriculture paysanne et biologique ont signé une tribune pour demander la dissolution de la cellule Déméter. [2]

Le monde paysan va mal, victime, comme nous tous, des capitalistes. Ceux qui profitent de l’emprise des groupes financiers et industriels (Lactalis, Monsanto, etc.) se cachent derrière leurs plaintes contre le prétendu « agribashing » et la cellule policière et répressive Déméter. Mais c’est justement de ceux qui parasitent producteurs et consommateurs dont nous devons nous débarrasser pour développer une agriculture saine et durable.

13 mars 2020, Élise Moutier


Les syndicats agricoles français

(avec leur pourcentage des voix aux élections des chambres d’agriculture de 2019, sachant qu’il faut atteindre 15 % des suffrages pour être représenté) :

FNSEA, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (1946), 55,31 % (et Jeunes agriculteurs, JA, 1957) décide de la politique agricole avec tous les gouvernements au service des dominants (pour « l’innovation au service du quotidien, pour un développement durable de la Ferme France afin de répondre à tous les marchés et à tous les consommateurs »).

CR, Coordination rurale (1992), 21,54 % proche de la droite même extrême, bien qu’elle s’en défende ; anti-PAC, défense de la « ruralité ».

CP, Confédération paysanne (1987), 20,04 %, à gauche, milite « pour une agriculture paysanne, respectueuse de l’environnement, de l’emploi agricole et de la qualité des produits » ; participe aux forums sociaux, à Via Campesina.

Modef, Mouvement de défense des exploitants familiaux (1959), 1,89 % ; présent dans le Centre et le Sud-ouest, issu des fermiers et métayers, proche du PC ; avec la disparition de centaines de milliers de petites exploitations à partir des années 1980, fort recul électoral.


[1Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur – Présentation de « DÉMÉTER », la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole (13/12/2019)

[215/01/2020 une tribune sur Reporterre, dans Mediapart : Le gouvernement a créé une cellule militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie

Lire aussi :

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Mots-clés