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Hôpitaux : comment les manitous du numérique comptent profiter de la crise sanitaire

7 avril 2020 Article Entreprises

La crise sanitaire révèle, au grand jour, les problèmes très importants de l’hôpital public pour faire face à l’épidémie de Covid-19 : manque de personnel, manque de lits, de médicaments et de matériels de protection : gants, masques et sur-blouses. Au lendemain de cette crise, la politique du gouvernement dans les hôpitaux va-t-elle changer ? Verra-t-on nos dirigeants décider qu’il faut remettre des lits, embaucher des soignants et des para-médicaux, les payer correctement, etc. ? Même s’ils l’affirment aujourd’hui, rien n’est moins sûr. Bien au contraire peut-être.

« L’hôpital de l’avenir », disent-ils. Mais quel avenir ?

Non seulement des projets existent comme l’Hôpital Nord en Île-de-France, qui doit regrouper les hôpitaux Beaujon et Bichat en supprimant, au passage, la moitié des lits. C’est paraît-il l’hôpital de l’avenir… Mais quel avenir !

En réalité, la crise sanitaire actuelle est l’occasion pour un certain nombre d’entreprises de mettre en place des nouvelles méthodes de prise en charge des patients à l’hôpital ou ailleurs. Tout le monde connaît déjà Doctolib, ce logiciel qui permet de prendre rendez-vous par mail chez son médecin généraliste ou spécialiste et à l’hôpital. On connaît un peu moins le géant américain Palantir qui lorgne les données des hôpitaux français et discute actuellement avec l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) pour « aider les hôpitaux ».

Il y a la téléconsultation qui existait auparavant mais qui est en passe, avec le confinement, de devenir un mode de consultation habituel, que ce soit à domicile, dans certaines entreprises comme à la Défense, ou même près de certains services d’urgence hospitaliers sous prétexte de désengorger les urgences.

Il y a les « applications » qui se répandent actuellement et officiellement dans les établissements hospitaliers comme Médicalib : une application qui met en relation kinés, infirmières et médecins pour préparer les sorties des patients. Des applications pour le suivi des patients pendant et après l’hospitalisation.

Il ne s’agit pas d’être contre l’informatisation, mais cette crise sanitaire sera peut-être l’occasion de mettre à bon compte ces applications en place dans les hôpitaux, au détriment des besoins fondamentaux en structures, lits et personnel. De les généraliser et de les faire perdurer au-delà de la fin de l’épidémie en cours. Un peu comme la guerre est l’occasion de tester de nouvelles armes. La santé est un business car derrière cette informatisation, il y a des enjeux financiers importants, très éloignés des enjeux humains.

Paul Galler

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