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Edito des bulletins d’entreprise -
Le 8 mars 2010
En Grèce comme en France, aux travailleurs de s’imposer
En cette veille d’élections régionales, Sarkozy et ses amis, mais aussi les leaders de la gauche gouvernementale, nous servent la même chanson : en ces temps de crise, il faut « une bonne politique industrielle », c’est-à-dire « sauver » les entreprises, à coups de subventions et de cadeaux fiscaux aux patrons, au détriment des services publics, des dépenses sociales, de nos retraites et nos salaires. Le problème, c’est que si cela sauve les dividendes des actionnaires, ça ne sauve pas les emplois, justement !
Quant au patronat, il ne fait même pas semblant de jouer le jeu !
Leurs dividendes contre nos emplois
La crise et les résultats en baisse n’empêchent pas Total de garantir les revenus… de ses actionnaires ! Tout en expliquant que les lois du marché imposent la fermeture de la raffinerie de Dunkerque et la destruction d’emplois, Total n’hésite pas à verser aux détenteurs d’actions le même dividende que l’an dernier.
France Télécom fait même encore plus fort en distribuant cette année à ses actionnaires une somme supérieure au bénéfice annoncé ! On comprend que le Bourse ait réagi à la hausse aux déclarations du nouveau directeur général.
Quant au groupe Renault, il a décidé de récompenser « l’engagement de tous » et « les résultats obtenus dans un contexte particulièrement difficile » en versant une prime exceptionnelle… aux seuls hauts cadres ! Le tout pour la bagatelle de 30 millions d’euros, soit plus que les augmentations générales accordées aux 55 000 salariés du groupe.
Décidément, pour la défense des emplois, des salaires et des retraites, les travailleurs ne devront compter que sur leurs luttes.
Travailleurs de Grèce, de France et d’ailleurs, même combat !
Ce n’est d’ailleurs pas vrai qu’en France. On le voit en ce moment même en Grèce, où la classe ouvrière manifeste et fait grève contre le gouvernement “socialiste” qui cherche à faire payer les dégâts de la spéculation financière aux salariés et aux retraités, à coups de plans d’austérité, d’attaques sur les retraites et de coupes budgétaires dans les services publics.
Ici, même si elles n’ont généralement pas les faveurs des grands médias, les luttes des salariés sont nombreuses dans toutes les régions. Chez Total, bien sûr, où rien n’est terminé, après que les ouvriers de Dunkerque se sont invités lundi au siège du groupe à la Défense, malgré les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. Mais aussi dans bien des entreprises : chez Philips, contre la fermeture de l’usine de Dreux ; contre les suppressions d’emplois chez Siemens… Et dans un myriade d’autres un peu partout dans le pays, dans tous les secteurs du privé comme du public : dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la sous-traitance automobile… mais aussi les bureaux de postes, ou encore chez les profs et les instits qui ont démarré des grèves en Seine Saint-Denis et à Marseille contre les suppressions de postes. Sans oublier les 6 000 travailleurs sans-papiers en grève pour leur régularisation, dans le bâtiment, l’entretien, la restauration… depuis maintenant 5 mois.
Les luttes pour les salaires ou l’emploi existent, mais toujours dispersées, sans coordination. Ce qui manque, plus que jamais, c’est une lutte d’ensemble qui permettrait à toute la classe ouvrière de mesurer sa force et de montrer sa détermination à ne pas payer une crise dont le système capitaliste est seul responsable.
Les élections régionales du 14 mars prochain ne changeront rien pour nous. Quel qu’en soit le résultat. La preuve, c’est la gauche qui détient la majorité depuis cinq ans dans 20 régions sur 21. Et alors ?
Au mieux elles sont l’occasion d’exprimer notre colère là où l’extrême gauche, Lutte Ouvrière ou le Nouveau Parti Anticapitaliste, présentent des listes qui défendent sans ambiguïté un programme pour nos luttes d’ensemble, et notamment l’interdiction des licenciements. Voter le 14 mars pour ces listes-là, ce sera dire que pour empêcher patronat et gouvernement de nous faire payer la crise, pour augmenter les salaires, défendre les retraites, mettre fin au chômage, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leurs luttes et l’indispensable convergence de celles-ci.
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