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Calvados

Vingt-sept licenciements à la cidrerie de Livarot

16 février 2021 Article Entreprises

Photo : débrayage du 28 janvier lors d’un CSE

Le groupe Agrial a décidé de supprimer l’embouteillage à la cidrerie de Livarot dans le Calvados : à la clé, vingt-sept postes supprimés sur cinquante-et-un d’ici 2022. Le brassage se fera toujours à Livarot, le cidre sera ensuite mis en bouteille ailleurs avant de revenir dans les magasins du Calvados, faisant ainsi rouler 450 camions supplémentaires. Mais il faut croire que ces allers-retours ne coûtent pas si cher au regard des économies que le groupe veut faire. Agrial, qui a touché 200 000 euros de subventions publiques cette année et qui possède un milliard de fonds propre, argue du vieillissement de l’outil de production, et pour cause : aucun investissement n’a été fait avec cet argent depuis trois ans.

Pour appliquer ce PSE, la direction a mis en place un système de points pour tous les salariés du site en fonction de plusieurs critères dont l’ancienneté, les qualifications et le nombre d’enfants. Plus on a de points, plus on a de chance de rester. Ainsi, tout le site sera réorganisé et personne ne sait encore qui sera mis sur le carreau (quatre salariés seront licenciés dès septembre prochain). Le choc s’est vite transformé en colère quand est arrivé le cabinet invité par la direction pour accompagner les employés dans l’écriture de CV et l’inscription à des formations : la moyenne d’âge est assez élevée et tout le monde habite dans les parages, souvent sans voiture. L’espoir de trouver un autre emploi est faible et si deux autres sites de la branche proposent une dizaine de postes, ce n’est pas une réelle perspective pour les salariés mis ainsi en concurrence et dont les « heureux élus » devraient de toute façon déménager, car les sites se situent à plus de 100 kilomètres.

Ce ne sont pas seulement vingt-sept emplois qui sont supprimés, mais la vie de vingt-sept familles complètement bouleversée. En réaction, les salariés comptent sur des cabinets d’expertise mandatés par la CFDT, seul syndicat présent à la cidrerie, pour mettre le nez dans les comptes des différents sites afin de prouver que le groupe n’est pas en difficulté. Ils diffusent également des tracts dans Livarot, appellent à des rassemblements de soutien, envisagent de bloquer plusieurs magasins. Alors qu’ils n’ont pas reconduit leur premier débrayage pour le dernier CSE du 11 février afin de « discuter et négocier », notamment les chèques de départ à ce jour dérisoires, le mépris de la direction leur répondant « Vous voulez nous faire avoir une crise cardiaque ? » a eu raison de cette stratégie. Les salariés comptent organiser une nouvelle action pour le prochain CSE. La perspective d’une coordination avec d’autres travailleurs concernés par des PSE pour construire un front large contre les licenciements apparait comme très précieuse pour sortir de l’isolement et envisager une suite plus favorable.

Barbara Kazan

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