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Transports en commun lyonnais (TCL) : comme dans d’autres réseaux, en grève pour l’augmentation des salaires !

12 septembre 2022 Article Entreprises

Les conducteurs de bus lyonnais ont fait grève vendredi 9 septembre en réaction aux conditions d’attribution d’une prime, et surtout pour une véritable augmentation de salaire.

Une nouvelle innovation gouvernementale à usage patronal

Cette « prime de partage de la valeur » ou PPV, créée dans le cadre de la loi « pouvoir d’achat » de cet été, est une version sous stéroïdes de la prime Gilets jaunes. Elle peut atteindre 6 000 euros, et est exonérée comme sa prédécesseuse de cotisations sociales. Pour les patrons, c’est un moyen de ne pas augmenter les salaires tout en lâchant quelques miettes en espérant faire taire la colère.

Mais la direction de Keolis, la société qui exploite le réseau TCL, a poussé la logique plus loin. Elle en a conditionné le versement à des critères de… présentéisme ! Elle est de 150 euros par mois pendant trois mois, sous réserve de ne pas avoir été absent une seule journée, sans quoi elle tombe à 50 euros et même à zéro à partir de trois jours d’absence. Raffinement supplémentaire, une autre prime « bonus » de 150 euros est versée aux conducteurs (et à eux seulement), à condition qu’ils aient touché complètement la première prime sur les trois mois, sans quoi le bonus tombe à 50 euros. Le calcul est vite fait : le premier jour d’absence, par exemple pour fait de grève, fait baisser le montant finalement perçu par un conducteur de 200 euros.

Une grève qui vient de la base

À l’annonce du projet de la direction, les boucles WhatsApp grâce auxquelles les conducteurs échangeaient lors des grèves précédentes se sont réactivées. L’idée de faire grève pour protester contre cette prime et revendiquer une vraie augmentation de salaire a fait son chemin. La date du vendredi 9 s’est imposée, dernier jour hors week-end avant le début de la période de décompte des absences pour la prime. Quelques syndicats ont emboité le pas au mouvement. La CGT a appelé à rejoindre la grève et l’Unsa a apporté son soutien, quoique plus timidement. Dans une tentative pour encourager les non-grévistes, la direction a complété son dispositif déjà touffu par une cinquième prime de 150 euros pour qui n’a pas été absent une seule fois entre le 1er janvier et le 11 septembre. Cela a plutôt fait rire, sans démotiver les grévistes.

La démocratie ouvrière contre les manœuvres patronales

Ils et elles étaient donc 200 à être en grève vendredi, sur 2 500 conducteurs de bus. Un taux de grévistes faible ? Peut-être, mais pour une initiative de la base et préparée en quelques jours, c’est plutôt un succès ! Mais le vrai succès de ce mouvement a été la tenue d’une assemblée générale, une première depuis longtemps. Une cinquantaine de grévistes se sont retrouvés pour discuter des revendications et des suites à donner. Héritage d’une précédente grève en septembre 2021, les travailleurs demandent 200 euros net de plus sur le salaire mensuel. Quant aux suites, la discussion a été riche. La journée d’action du 29 septembre permettrait de se battre aux côtés d’autres travailleurs pour des revendications salariales que tous partagent. Mais d’ici là ? L’idée de faire grève une ou deux heures par jour aux heures de pointe, pour désorganiser le réseau, s’est imposée.

Cela va donner des sueurs froides à la maitrise, mais il y a aussi des risques pour le mouvement. Débrayer une heure à son terminus, un peu chacun dans son coin, ce n’est pas la même chose que se retrouver à plusieurs pour se compter, discuter… et essayer de convaincre d’autres de rejoindre la lutte ! Car la force d’une telle grève réside dans le nombre des participants, dans leur organisation collective et dans les liens qu’ils nouent avec d’autres travailleurs en mouvement. Une dizaine de réseaux urbains sont touchés en ce moment par des luttes de conducteurs, avec les mêmes problèmes que les Lyonnais. Des prises de contact entre conducteurs en lutte des différents réseaux, première étape d’une coordination des grévistes dans le cadre d’un mouvement d’ensemble du transport, serait à même de faire reculer un patronat qui est, lui, très organisé.

Correspondants

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