Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 142, décembre 2021

Transports en commun lyonnais (TCL) : Division du réseau, pas des conducteurs !

2 décembre 2021 Convergences Entreprises

(Photo : Le 13 septembre dernier lors d’une grève des salariés de Keolis Lyon)

L’allotissement du réseau lyonnais, c’est-à-dire son découpage en plusieurs lots sur lesquels pourraient se positionner de nouvelles sociétés de transport, approche. Le cabinet de conseil mandaté par le Sytral (syndicat de transport de l’agglomération lyonnaise), doit rendre son avis en décembre et la décision finale tombera en janvier. Les syndicats ont été reçus, en guise de répétition avant que ne commence le grand théâtre des négociations ?

Allotissement territorial [1] ? Allotissement par métiers [2] ? Un peu des deux ? Qui sait… En « off », le Sytral se veut rassurant : il n’y aurait qu’un seul lot pour le bus. On ne se sent pourtant pas obligé de croire les promesses d’hommes politiques.

Des conducteurs craignent avec l’allotissement, de retourner dans les petites boîtes du transport interurbain, où beaucoup ont commencé leur carrière. Planche, Berthelet, Philibert… Ces noms rappellent de mauvais souvenirs... mais, d’abord, elles ne sont sûrement pas en capacité de rivaliser avec les mastodontes du secteur ! Ensuite, Keolis, qui exploite actuellement le réseau, n’attend pas l’allotissement pour accroître la pression sur les salariés.

Une certitude : ne pas se laisser diviser

Car, à ce stade, l’allotissement est le faux nez d’une attaque en règle contre les salaires et les conditions de travail. Certes, les filiales qui vont remporter les appels d’offres sur les différents lots seront tenues de reprendre les salariés de Keolis Lyon à des conditions de salaire analogues à celles qu’ils ont actuellement. Pour garantir ce niveau de rémunération, les patrons du transport ont inventé la « prime différentielle » : elle servira à distinguer, au sein de la nouvelle filiale, les « anciens », qui la toucheront, des « nouveaux » qui ne la toucheront pas et qui seront embauchés aux conditions minimales : salaire de base plus bas et primes supprimées. Ce n’est pas ainsi qu’on va faire disparaître le sous-effectif aux TCL ou dans le transport de voyageurs en général.

Et puis, si la différentielle sanctuarise la rémunération, les patrons peuvent toujours s’en prendre à certains avantages qui n’en font pas partie. Par exemple, les majorations pour ceux qui travaillent les samedis et dimanches pourraient sauter. Ces majorations permettent de générer soit des primes, soit des temps de récupération bienvenus vu la pénibilité du travail.

L’urgence de se faire entendre

Les syndicats ont tous hurlé leur opposition de principe à l’allotissement, au nom du service public, des finances du Sytral ou... du patrimoine du CSE (Comité social et économique) [3] ! Dans cette cacophonie, on ne trouve pas grand-monde pour mettre en avant les intérêts des salariés de Keolis Lyon.

Pourtant, ce n’est pas seulement à Lyon que les patrons du transport sont à la manœuvre. La grève des Transdev en région parisienne était justement une réponse à la dégradation de leurs conditions de travail suite au transfert des salariés dans une nouvelle entité. Cette grève a fait tache d’huile, et c’est bien ce qui a fait peur à la direction de Transdev.

Prendre le chemin de la lutte est encore le meilleur moyen de rester soudés face aux projets patronaux. Au mois de septembre, trois jours de grève ont donné l’occasion aux travailleurs du réseau de se regrouper autour de leurs revendications – notamment une augmentation de salaires de 200 €. La priorité des salariés des TCL, tous métiers confondus, c’est d’imposer des revendications unificatrices, quelle que soit l’organisation du réseau ou le patron qui l’exploite.

28 novembre 2021 - Bastien Thomas


[1Sur le modèle de ce qui se fait en Île-de-France, avec des lots regroupant différentes lignes d’une même portion de territoire.

[2Dans cette configuration, il y aurait un lot « Tramway », un lot « Bus », mais aussi un lot « Contrôle », un lot « Agence commerciales », etc.

[3La nouvelle instance de représentation du personnel dans l’entreprise

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article