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Toulouse : 150 mineurs étrangers dans un campement de fortune. Le président PS du conseil départemental fuit ses responsabilités

20 septembre 2022 Article Politique

Pour de sordides économies ?

Depuis des années, les mineurs non accompagnés arrivant en France qui devraient être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, que gèrent les conseils départementaux, se voient contester leur minorité par ces derniers. Après quelques jours de prise en charge, beaucoup (en particulier ceux arrivant d’Afrique sub-saharienne) sont déclarés majeurs et mis à la rue.

À Toulouse, c’est le PS qui dirige le conseil départemental, mais sa politique est la même que dans les départements gérés par la droite. Les jeunes dont la minorité est contestée doivent donc entamer un recours judiciaire. Cela peut prendre des mois. Autant de mois durant lesquels le conseil départemental ne les prend pas en charge. Sordides économies… alors même que 96 % des recours conduisent à une reconnaissance de la minorité.

La mairie héberge puis expulse

Depuis des années des associations apportent leur soutien à ces jeunes. Après avoir tenu durant des années un squat dans un bâtiment appartenant à la mairie, les jeunes, avec les adultes d’AutonoMIE ont imposé à la municipalité de les héberger, d’abord dans un bâtiment du CHU, puis dans un ancien Ehpad. Des éducateurs avaient été mis en place pour assurer la gestion de la vie quotidienne, tandis que des bénévoles continuaient à assurer des cours et parvenaient à scolariser des jeunes (Tous-tes en classe 31), à assurer un suivi de santé (Médecins du monde) ou à améliorer l’ordinaire alimentaire et à distribuer des vêtements.

Et la mairie a pris prétexte de quelques incidents pour retirer les éducateurs et annoncer la fin de « l’expérience ». À partir de janvier dernier, elle a considéré les jeunes comme des squatteurs et a demandé leur expulsion. À la mi-mai un juge a ordonné l’expulsion, demandant néanmoins qu’une solution de relogement soit proposée. Cependant, le 26 août, la police a expulsé les occupants sans qu’aucune offre sérieuse de relogement ne soit proposée.

Un campement en plein centre-ville

Depuis, ils campent près du palais de justice sous des tentes offertes par des associations ou des particuliers. Une forte vague de solidarité a permis de fournir matelas, duvets, couvertures et vêtements, ainsi que nourriture. Mais les conditions d’hygiène restent très précaires. Et le temps commence à se gâter.

Une tentative d’ouvrir un squat dans un collège désaffecté a malheureusement échoué du fait de l’hostilité de certains habitants du quartier (la présence des jeunes risquant de perturber les trafics locaux). Mais cela a réveillé le conseil départemental (propriétaire du collège), qui a demandé à la mairie et à l’État de se concerter pour régler le problème… alors même qu’il est le premier responsable de la situation !

Les jeunes ont reçu le soutien de députés Nupes, mais ceux-ci se sont bien gardés d’interpeler publiquement le président du conseil départemental, pourtant lui aussi membre de la Nupes ! Un des députés a passé une nuit dans le campement, ce que beaucoup de soutiens des jeunes ont pris pour une opération de com’, d’autant plus qu’il ne reprend pas à son compte la revendication d’un hébergement collectif, seul moyen de garder un accès facile aux avocats, de suivre des cours, d’avoir un suivi médical, etc.

Une proposition insatisfaisante

Vendredi 16 septembre, une réunion a enfin eu lieu à la préfecture. Mais la seule proposition faite consiste en hébergements individuels pour ceux pouvant prouver qu’’ils ont saisi un juge. Cette « main tendue » s’avère être un piège, car chaque avocat attend de réunir les documents pour déposer la requête, afin d’éviter un rejet du recours. Seule une minorité des jeunes a donc saisi un juge. L’ assemblée générale des jeunes a décidé, par lassitude, d’accepter le principe de l’hébergement individuel, même si leur éparpillement compliquerait beaucoup l’action des associations en leur faveur. Et les avocats pourraient déposer en urgence les requêtes auprès du juge avec les dossiers incomplets. Mais faut-il prendre le risque de voir rejeter de nombreux recours pour un hébergement jusqu’au jugement ?

Quant à Moudenc, maire LR de Toulouse, catholique revendiqué, il avait été convoqué par l’évêque (venu sur le campement parler aux jeunes) mais, avant même la réunion en préfecture, il a lancé une procédure d’expulsion du campement. Un huissier est passé pour demander un départ immédiat des jeunes, alors même que la préfecture avait prévu d’envoyer ses représentants le mardi suivant !

En tout cas les jeunes, forts du soutien de nombreux Toulousains (des centaines sont venus, par deux fois, participer à leurs actions) ont maintenu jusqu’à présent leur cohésion.

18 septembre 2022, Félix Rolin

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