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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 32, mars-avril 2004 > DOSSIER : Après Jospin, Raffarin. De mal en pis, Bilan du gouvernement

Saisie sur retraites

Point besoin de revenir longuement sur la réforme des retraites de la fonction publique imposée l’an dernier. Quelques chiffres suffisent à la résumer.

Dans le privé : retraite Balladur, aggravée Fillon

Effets de la « réforme » Balladur 1993, selon des estimations de la CGT

  • La seule clause d’indexation des retraites sur l’indice officiel des prix au lieu de l’indexation sur le salaire moyen a fait reculer le montant des retraites de 8 % en dix ans.
  • Le calcul du montant des retraites sur la base des 25 dernières années au lieu des 10 meilleures, les ponctionneront en moyenne de quelques 12 % encore.
  • Une perte donc de près de 20 % sur le montant des retraites entre 1993 et 2003, même pour celui qui a ses 40 ans de cotisations.
  • L’effet automatique du passage de 37,5 annuités de cotisation obligatoire à 40, est 6,25 % de perte pour celui qui n’a travaillé que 37,5 ans
  • 73 % des salariés ayant travaillé 37,5 ans ou moins sont des femmes.

Prime Fillon

Tout cela sera aggravé par la durée de cotisation obligatoire à 41 ans en 2012, 42 ans en 2020.

La retraite Fillon des fonctionnaires

Un fonctionnaire qui part à la retraite à 60 ans avec 37,5 années de travail touche :

  • 75 % de son salaire de fin de carrière (du salaire brut sans les primes), s’il est parti en 2003
  • 62 % du salaire, s’il part en 2008
  • 55 %, s’il part en 2012
  • 52 %, s’il part en 2020, soit une retraite amputée de presque un tiers !

Pour un salarié qui n’a que 32 annuités de cotisation, un cas très fréquent pour les femmes, c’est

  • 64 % s’il est parti en 2003
  • 43 % s’il part en 2020

…et ses mesquineries de dernière heure

N’oublions pas que Fillon et Chérèque avaient trouvé une source supplémentaire d’inégalité : le fait que les femmes, et elles seules, bénéficiaient d’années de bonification pour leurs cotisations retraites, en fonction du nombre d’enfants qu’elles avaient eu.

Injustice corrigée : elles n’y ont plus droit. Et tant pis pour elles, elles ont en moyenne un nombre d’années au travail plus faible que les hommes… à cause des enfants.

La magnanimité fugace des législateurs maintient cependant ce privilège pour les enfants nés sous l’ancien régime, avant le 1er janvier 2004. Mais sous conditions : que la mère ait pris au moins deux mois de congé parental par enfant. Le congé de maternité suffit, sauf :

  • si enseignante en vacances, elle a accouché d’un petit aoûtien
  • si généreuse, elle a adopté ses enfants
  • si vagabonde, elle les a faits lorsqu’elle ne travaillait pas encore dans la fonction publique.

Il fallait y penser.

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