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Après le succès des trois dernières journées de grève et de manifestations

Exprimer notre colère, mais aussi… gagner !

12 février 2023 Article Politique

Quelle que soit la façon de compter, le nombre de personnes impliquées dans le refus actif de la contreréforme des retraites n’a fait qu’augmenter. Même la manifestation de mardi dernier, si elle n’a pas fait le plein dans les zones où les vacances scolaires ont commencé, a été massive. Et il semble bien que la manifestation d’aujourd’hui s’annonce elle aussi très importante.

Tout le monde, même le gouvernement, est convaincu que le projet sur les retraites est rejeté par la quasi-totalité des travailleurs et une énorme majorité de la population.

Il n’y a plus de bataille de l’opinion, elle est gagnée ! Mais nous savons tous que cela ne suffira pas pour faire reculer le gouvernement.

Du côté du pouvoir…

Il y a quelques jours, la réponse, méprisante, d’Élisabeth Borne était qu’il n’y avait rien à négocier. Aujourd’hui, tous les ministres ont été priés de la mettre en veilleuse et d’aller expliquer qu’on ne peut vraiment pas faire autrement…

Les ministres de Macron se déplacent donc pour défendre leur projet, mais ils ne convainquent pas face à des travailleurs qui leur posent des questions précises auxquelles ils sont incapables de répondre autrement qu’en bredouillant, comme la Première ministre flanquée de Darmanin face aux travailleuses d’une entreprise de cosmétiques du Nord jeudi dernier.

Quelles sont les suites prévues par les confédérations syndicales ?

En dehors de la journée d’aujourd’hui, deux nouvelles journées sont prévues : jeudi 16 février et mardi 7 mars, cette dernière journée devant être une journée pour démarrer une grève totale qui paralyse toute l’économie du pays.

Il est certain que le calendrier des vacances scolaires perturbe la mobilisation, et le gouvernement comptait certainement sur cela pour que le mouvement s’éteigne gentiment…

C’est raté ! D’une part parce que, même dans les zones en vacances, tout le monde ne part pas ! Ensuite, parce qu’on peut très bien manifester ailleurs que là où on habite…

À nous de faire vivre le mouvement jusqu’à la victoire, d’autant que les jeunes des lycées et des facs sont de plus en plus nombreux et peuvent décider de se lancer dans le mouvement à tout moment !

Ce qui peut faire reculer Macron

Macron a dû ranger aux oubliettes son dernier projet sur les retraites, celui de la retraite à points de 2019-2020. Il faut dire qu’il avait donné lieu à la plus longue grève des cheminots de ce pays.

Peu avant, c’est le mouvement des Gilets jaunes qui l’avait fait reculer sur la taxe sur les carburants.

Et, face aux grèves sur les salaires qui, quand elles ont atteint les raffineries, ont commencé à bloquer le pays, Macron s’est fait moins matamore et a demandé à Total de lâcher du lest…

Qu’est-ce qui nous retient ?

Sans les travailleurs, rien ne se produit. Si nous croisons les bras, la production ne sort pas et adieu les profits patronaux et les dividendes pour les actionnaires. Alors quand un mouvement menace de faire tache d’huile, c’est le blocage complet de l’économie qui se profile, la grève générale, cauchemar du gouvernement parce qu’il est impuissant face à la détermination de tout le monde du travail.

On entend souvent autour de nous : « Il faudrait un nouveau Mai 68 ! » Le 19 et le 31 janvier, ainsi que le 7 février, nous avons pu vérifier à quel point la paralysie de l’économie par nos grèves change la donne.

Le mouvement en cours peut difficilement s’élargir puisque pratiquement tous les salariés en sont ! Mais il peut s’approfondir.

Nous le savons tous : quelques journées de paralysie de l’économie feraient vraiment basculer le rapport de force en notre faveur. La journée du 7 mars peut être une étape importante vers une grève générale.

Cette date ne devra pas rester sans lendemain. Parce que le 8 mars est la journée internationale de lutte des femmes. Les écarts de salaire entre hommes et femmes sont de l’ordre de 25 %. Les écarts de pensions montent à 40 % ! Et de l’aveu d’un ministre, le projet Macron-Borne va aggraver encore ces inégalités. Retraites, salaires, égalité hommes-femmes : tout est lié ! Alors oui, si un mouvement illimité n’a pas démarré d’ici là, il faudra tout faire pour que la grève du 7 mars soit reconduite au 8 mars et les jours qui suivent.

Ce n’est pas facile ? On perd de l’argent ? Moins qu’on en perdrait sur le montant des retraites de demain, et en temps libre pour vivre, si on laisse passer le projet. Dans une grève tenace, on sait faire appel à la solidarité de tous pour tenir (caisse de grève, organisation collective…)

Et, de toute façon, qui se rappellera dans quelques mois les difficultés rencontrées par les uns ou les autres du fait des grèves ? Par contre, si la réforme passe, nous serons bien obligés de nous en souvenir, et pour longtemps !

Nous organiser partout pour aller vers la grève générale

Pour l’instant en tout cas, le « front syndical » a l’air de tenir contre le gouvernement. Tant mieux. Mais il est arrivé dans d’autres mouvements que tel ou tel syndicat lâche : il est évident que le gouvernement l’espère et fera tout pour l’obtenir – des mini-concessions sont sans doute déjà prévues pour obtenir le ralliement de tel ou tel. Mais il arrive aussi que les confédérations syndicales qui jusque-là donnent le rythme des mobilisations, craignent d’être dépassées par les initiatives de la base et s’opposent aux structurations démocratiques du mouvement.

Mais notre mouvement est puissant, il se cherche et il ne manque pas grand-chose pour qu’il se trouve, établisse des liens entre les différents secteurs, localités et régions, en un mot cette « convergence » que craignent tant les patrons et le gouvernement.

Nous avons besoin de débattre entre nous

Nous avons besoin d’échanger, entre nous, syndiqués ou non syndiqués. Au sein de notre entreprise comme entre salariés d’entreprises différentes. Pour dresser la liste de tous nos problèmes – et elle risque d’être longue ! Pour établir de véritables liens entre nous.

C’est par tous les bouts que ce gouvernement s’efforce de prendre dans la poche des plus pauvres pour arroser les plus riches. Il multiplie les attaques :

  • L’inflation ronge un pouvoir d’achat déjà bien faible.
  • La dégradation continue des conditions de travail avec, partout, le manque d’effectifs qui rend les journées harassantes.
  • La réforme de l’assurance-chômage, entrée en vigueur le 1er février, qui diminue la durée des prestations de chômage et enfonce un peu plus dans la précarité ceux qui ont perdu leur emploi.
  • Et, maintenant, ce projet sur les retraites qui transformerait les anciens en pauvres, comme c’était le cas jusqu’au milieu du siècle dernier.
Tous ensemble, nous pouvons gagner et nous allons gagner !
Face à l’offensive du gouvernement et du patronat, un autre monde, plus juste, est possible et il ne tient qu’à nous de l’imposer.
Rejoignez-nous !

(Texte d’un tract du NPA distribué dans les manifestations du 11 février 2023, publié sur le site https://nouveaupartianticapitaliste.fr)

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