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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 126, mai 2019 > Livres

« Qui n’est pas raciste, ici ? »

de Akli Tadjer

« Qui n’est pas raciste, ici ? »

Akli Tadjer

Éd. JCLattès, avril 2019, 94 pages, 6,90 €.


Lorsqu’un écrivain rencontre des lecteurs, c’est en général parce qu’ils ont apprécié son livre. Mais les élèves d’une classe de terminale d’un lycée professionnel qui ont reçu avec leur prof de lettres Akli Tadjer à l’automne dernier n’avaient pas lu Le Porteur de cartable. Plus exactement, ils avaient refusé. Parce que le personnage principal s’appelle Messaoud, un prénom pas assez français.

« Qui n’est pas raciste, ici ? » est la première phrase que l’auteur prononce lorsqu’il fait la connaissance du groupe. Si une douzaine de mains se sont levées pour répondre à la première question, si d’autres ont suivi ayant vu dans quel sens le vent tournait, huit restent les bras croisés en signe de défi. Alors Akli Tadjer s’efforce de discuter avec eux, non pas du racisme – ce n’est pas une opinion comme les autres, c’est un délit ; il reste intraitable là-dessus – mais de tout ce qui le nourrit.

L’échange ne dure qu’une heure, mais il est dense et sans détours, d’un côté comme de l’autre. L’auteur émaille son texte de développements qui éclairent sa pensée, d’anecdotes et de souvenirs qu’il a sans doute racontés bien plus brièvement ce jour-là. On peut ne pas approuver toutes ses appréciations, mais il a l’immense mérite de ne jamais verser dans la morale, pas plus à nous lecteurs qui le suivons dans la salle de classe, qu’aux lycéens ce jour-là. Ainsi restituée, la rencontre est un véritable coup de poing. Parce que le texte fait ressortir toute la part d’humanité de ces jeunes, sans rien cacher de leur part d’ombre. Parce que Tadjer ne baisse jamais les bras ni la garde. Parce qu’il montre que, oui, il est possible de combattre ce racisme qui gangrène une partie des classes populaires sans mépriser ceux qui le véhiculent.

Mathieu Parant

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