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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > juin > 13

Pour contrer Macron, il faudra bien plus qu’une simple baffe électorale !

Cela devait n’être qu’une formalité, patatras : la machine électorale de Macron s’enraye ! Le président nouvellement élu risque fort de ne pas avoir une majorité assurée à l’Assemblée nationale. L’écart entre la coalition présidentielle (« Ensemble ») et celle de la gauche (Nupes) a l’épaisseur d’un trait : près de 20 000 voix. Une baffe tout de même pour ce président qui s’était fait une fierté de choisir chacun des 577 candidats : voir, par exemple, un Blanquer l’ancien ministre de l’Éducation haï des profs et des élèves, pleurnicher, cela fait du bien ! Et l’on se réjouit aussi de voir Zemmour la haine disparaître des plateaux électoraux. Mais ensuite, au-delà du cirque électoral ?

Une crise sociale, et une colère silencieuse

On comprend bien sûr les électeurs qui ont voulu sanctionner la présidence des riches au premier tour et bientôt au second. Mais les gestes électoraux ne sont que de simples gestes, même s’ils sont de gauche.

L’abstention populaire reste la première forme de protestation politique face à la misère croissante : un silence, une colère rentrée bien plus qu’une indifférence aux problèmes sociaux. Car il y a un paradoxe : la gauche gouvernementale revient en force au moment où les milieux populaires s’abstiennent pour une large part et que la question sociale devient omniprésente.

Macron, lui, parraine les candidats de la petite minorité des riches, des guerres, de la pollution, du fric. Et Le Pen ? Eh bien, dès qu’on parle des vrais problèmes, pour ce qui est des réponses, elle est aux abonnés absents. C’est bien normal : on ne résout pas les problèmes de l’inflation, de la pauvreté, du chômage, des hôpitaux, des pensions des anciens avec du racisme.

La gauche est-elle une solution ?

La Nupes présentait un programme se disant de gauche et était parfois représentée par des personnes dans lesquelles nous nous reconnaissons. Comme ce boulanger qui a fait une grève de la faim pour garder son apprenti qui n’avait pas les bons papiers ou cette femme de ménage qui a mené une longue grève victorieuse contre une chaîne d’hôtels.

Bien des électeurs, par ailleurs sans illusions sur les promesses de la Nupes, ont surtout cherché à bloquer Macron et repousser la réforme des retraites. Sauf que Mélenchon et les appareils de cette gauche dite écologiste mais mal recyclée défendent la cohabitation gouvernementale avec le président des riches. Une façon de défendre la cohabitation des riches et des pauvres, des responsables de la misère sociale et de leurs victimes. Le même Mélenchon vantait il n’y a pas longtemps le vote qui « éviterait des kilomètres de manifestations ». Et, en pleine guerre en Ukraine et de saccage colonial en Afrique, il assure qu’avec lui Premier ministre, « La France parlerait d’une seule voix », s’alignant par avance sur celle de Macron. On croirait… la gauche bien moisie du passé.

La semaine du doute et un avenir de luttes

La machine Macron est grippée. Le président n’est même pas capable de répondre à une lycéenne qui lui demande « Pourquoi garder au gouvernement des ministres accusés de viol ? » – mais sait lui envoyer deux gendarmes dans son lycée pour l’interroger ! Même la gestion d’une finale de la Ligue des champions est difficile pour cette équipe de fiers-à-bras pour qui solution rime avec répression.

Mais cette machine politicienne, même avec une majorité relative, poursuivra sa cruelle besogne. Certains voudront bloquer en votant contre Macron. On peut les comprendre, mais c’est loin d’être à la hauteur de la régression sociale qui se prépare ouvertement. Pour cela il faudra aller au-delà des combines parlementaires. Il s’agira d’abord de casser la morosité sur les lieux de travail, d’appuyer plutôt les colères, de se mettre à distance des solutions individuelles, en recréant la solidarité à la base. C’est ensuite, quels que soient leurs petits arrangements gouvernementaux, refuser de payer la note de leur crise. Il faut passer de l’illusoire blocage électoral au véritable blocage social par la lutte, pour se faire respecter, pour imposer la justice sociale, faire reculer les riches et en finir avec leur monde qui ne cesse de pourrir.

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