Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > décembre > 15

Pas de Noël pour les patrons !

Jean-Paul Delevoye, 72 ans, 14 boulots

Jean-Paul Delevoye, grand architecte de la nouvelle loi sur les retraites, vient d’être pris par la patrouille la main dans le pot de confiture. Il a « oublié » de mentionner ses 13 mandats dans diverses associations dans sa déclaration d’intérêts au moment où il a pris ses fonctions de ministre. Ses petites activités lui rapportaient encore la semaine dernière autour de 6 000 € par mois, ce n’était sans doute pas assez pour qu’il s’en souvienne.

Mais notre grand sage (c’est Macron qui le dit), a décidément la mémoire qui flanche, puisqu’il a aussi omis de dire qu’il était en lien direct avec les assureurs privés à travers un institut de formation. De l’aveu même d’un assureur qui s’est épanché dans la presse : « … les liens avec Jean-Paul Delevoye sont précieux notamment parce que l’ensemble du secteur est très intéressé par la réforme ». Tiens donc ?

Le merveilleux régime universel par points intéresse effectivement au plus haut point les requins qui voudraient croquer dans le gâteau des retraites. Tous les grands patrons sont des soutiens fermes du projet, car ils savent que la loi va provoquer une baisse généralisée des pensions, une augmentation du temps de travail et ouvrir le champ à la retraite par capitalisation. Ce qu’expose « l’affaire » Delevoye, c’est le lien étroit entre le gouvernement et les sphères patronales. Et ce ne sont pas les déclarations récentes du premier ministre qui nous démontrent le contraire.

Oui-Oui au pays du Medef

Dans son allocution de la semaine dernière, le premier ministre a démontré qu’il tenait vraiment à casser le système des retraites. La « simplification » du régime a été exposée dans un jargon obscur mais pas assez pour que l’on ne comprenne pas qu’il cherchait la division des travailleurs et travailleuses. Mais tout en disant que les générations avant 1975 ne rentraient pas dans le nouveau système, il annonçait qu’elles auraient droit à la décote à partir de 2022. Autrement dit que l’âge de la retraite reculerait à partir de cette période. En fait, tout le monde aura rapidement droit à l’âge pivot de 64 ans. Pour les formules vaseuses, on a été servi.

Le gouvernement « va revaloriser les enseignants » [sic], sera « très attentif aux aides soignantes », « a entendu les légitimes inquiétudes des professions libérales » etc. En d’autres termes, il promet du vent. Car en dehors des militaires et de la police qui garderont leurs régimes spéciaux, tous les autres y perdront. Même les déclarations qui pourraient sembler apaisantes comme le minimum retraite à 1 000 € sont un rideau de fumée. La loi de 2003 (notre bon Delevoye était déjà ministre) promettait exactement la même chose et cela n’a jamais été appliqué. Rappelons en passant que cette superbe somme de 1 000 € est en dessous du seuil de pauvreté. 1 000 € pour 43 ans de cotisations au minimum, merci Macron !

Et quand le gouvernement dit « le point ne baissera pas » il faut entendre l’inverse. Édouard Philippe a été clair, les dépenses liées aux retraites seront fixes, le nombre de retraités augmentera et donc les pensions baisseront. La plus grosse arnaque est d’ailleurs dans ce dernier point, le fameux « équilibre » des régimes. Car dans tous ses raisonnements le gouvernement fait comme si le chômage n’allait jamais baisser, comme si les cadeaux au patronat pouvaient continuer à pleuvoir et comme si les salariés allaient continuer à se faire tondre sans rien dire. Ce n’est pas pour rien que les grèves qui se développent lui donnent des sueurs froides.

Construisons le régime universel de la grève

Après les annonces gouvernementales, même les syndicats les plus proches du pouvoir ont crié au scandale sur la question de l’âge pivot de 64 ans et appelé à la grève le mardi 17 décembre. Mais les cheminots, les agents de la RATP, les hospitaliers ou les enseignants n’ont pas attendu leur feu vert pour réagir. Depuis plus de dix jours, on assiste à une grève massive de la SNCF et de la RATP qui pose la question de la grève à l’ensemble du monde du travail.

Les manifestations de mardi prochain seront à n’en pas douter un succès, car de nombreux secteurs, y compris du privé, s’y joindront. Il faudra profiter de cet élan pour renforcer la grève, au-delà du 17 décembre. L’étendre partout où c’est possible. D’ores et déjà les secteurs en lutte organisent des assemblées générales, des comités de grève, des liens entre secteurs. C’est de cette façon que les travailleurs et les travailleuses pourront devenir maîtres de leur mouvement.

Au monde du travail, à nous tous, de remporter le bras de fer social et politique contre Macron et son petit monde plein de fric.

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article