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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > décembre > 17

Pas de Noël pour Macron et son monde

En ce mardi 17 décembre, il y avait autant de grévistes et autant de monde sinon plus que le 5 décembre dernier. Les salariés des services publics ont défilé : cheminots, conducteurs de métro, de bus, de trams, mais aussi les hospitaliers, les profs, les instits, sans oublier les artistes de l’Opéra, les pompiers… jusqu’aux salariés des Finances et même les avocats ! Sans oublier non plus les Gilets jaunes qui rejoignent les manifestations en appelant à « la convergence des luttes ». A juste titre, car au-delà du secteur public, nombreux étaient les travailleurs de la chimie, des ports, des raffineries, de l’aérien, du bâtiment et de multiples petites entreprises qui ont rejoint les manifestations dans bien des villes du pays.

C’est que Emmanuel Macron, Édouard Philippe et leur champion tout juste démissionné, Jean-Paul Delevoye, ont réussi à faire l’unanimité du monde du travail contre eux. Il faut dire que l’épisode Delevoye, le gourou de la réforme, l’homme aux 13 emplois et triple très gros salaire, a montré la vérité des prix : de l’aveu même d’un assureur qui s’est épanché dans la presse, « les liens avec Jean-Paul Delevoye sont précieux notamment parce que l’ensemble du secteur est très intéressé par la réforme ». Une réforme, donc, téléphonée par les assurances privées. Oui, l’affaire Delevoye a fait perdre la face au gouvernement et dévoilé son lien étroit avec le monde des affaires et les sphères patronales. Les grands patrons sont des soutiens fermes du projet car ils savent que la loi va provoquer une baisse généralisée des pensions, une augmentation du temps de travail et ouvrir le champ à la retraite par capitalisation.

Tous concernés, tous solidaires

Les semaines passées, Édouard Philippe tentait de nous diviser, en mentant sur les prétendus privilèges des « régimes spéciaux ». Mais personne n’a été dupe, le seul régime spécial très étonnant, ayant été celui… de Delevoye.

Et ce qui est remarquable depuis le 5 décembre, c’est précisément qu’il n’y a aucun « corporatisme » chez les grévistes, contrairement à ce que prétendait Édouard Philippe. Car la colère du monde du travail, au-delà de la casse des retraites, vise toute l’injustice sociale, les bas salaires, le manque d’effectifs, les suppressions de postes, l’arrogance gouvernementale, « Macron et son monde » comme disent les manifestants. La preuve en est toutes ces assemblées « inter-professionnelles » qui désormais commencent à essaimer dans le pays, ici devant des dépôts de bus, là dans les gares ou ailleurs. Des points de rencontre et des assemblées où discutent, se retrouvent et s’organisent les grévistes de la SNCF, du métro, des bus, rejoints par les enseignants, des étudiants et parfois d’autres salariés d’entreprises proches.

La grève aux grévistes

Le gouvernement n’en mène pas large, et sa dernière carte, au-delà de l’affichage de « sa détermination totale », c’est le marchandage avec les dirigeants des confédérations syndicales, à commencer par ses syndicats préférés comme la CFDT, qu’il n’avait pas réussi à se rallier la semaine dernière avec ce fichu « âge pivot » de 64 ans. Du coup, il appelle mercredi à des « rencontres bilatérales  » avec les dirigeants confédéraux, et jeudi aux « rencontres multilatérales ». Manifestement, la plupart des confédérations s’apprêtent à jouer ce jeu truqué du « dialogue social ».

On verra qui flanche pour des miettes en appelant ou pas « à la trêve », selon le souhait du gouvernement. Sauf que, les dirigeants syndicaux ne sont pas forcément en mesure de canaliser le profond mouvement social en cours, ni de l’éteindre. Tout d’abord, c’est la pression de la base qui a contraint les dirigeants syndicaux à se rallier aux grévistes en appelant à la journée de mardi 17 décembre. Ensuite, ce n’est pas à eux de décréter la pause ou la fin d’un mouvement aussi profond. D’autant qu’à l’heure actuelle, des comités de grève constitués à partir de la base chez les cheminots, à la RATP, ainsi que des coordinations chez les enseignants, commencent à se multiplier. Autant d’initiatives avec comme slogan « la grève aux grévistes », permettant aux salariés de décider par eux-mêmes de leur lutte.

« Aujourd’hui, ce n’est pas le dernier round, c’est le début d’un second souffle »

C’est l’un des slogans des manifestations. Car cette journée du 17 décembre va avoir une suite. Les cheminots ont montré leur détermination (comme l’ont montrée les Gilets jaunes pendant des mois). Mais c’est désormais aux salariés de tous les secteurs, privé comme public, d’entrer dans la danse, d’étendre la grève partout où c’est possible, et de se mettre au diapason des formes de lutte et d’organisation des grévistes de ces dernières semaines.

Au monde du travail, à nous tous, de remporter le bras de fer social et politique contre Macron et son petit monde plein de fric.

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