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Où en est la grève du rail au Royaume-Uni ?

21 septembre 2022 Article Monde

Alors qu’en Grande-Bretagne l’inflation grimpait à plus de 10 % cet été, avec des prévisions à 13 % pour cet automne, les salariés de nombreux secteurs se sont mobilisés, d’Amazon jusqu’au secteur du rail en passant par la poste, pour obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Une grève contre la « crise du coût de la vie » comme ils l’appellent ! Des travailleurs du secteur du rail du groupe Workers’ Liberty, nous ont raconté leur expérience dans le mouvement.

Retour sur des journées de grève massives et soutenues

Dans le transport, les syndicats ont appelé à plusieurs journées de grève cet été, et, chaque fois, celles-ci ont été très largement suivies. Il faut dire que la colère est importante face à des salaires qui n’ont pas augmenté depuis trois ans, à des prix qui eux augmentent et des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. Au métro de Londres par exemple, les grévistes combattent pour de meilleures conditions de travail mais aussi pour les retraites, et ont mis en avant la nécessité d’embaucher alors que la direction poursuit les suppressions de postes.

Ce conflit se déroule à l’échelle nationale et son ampleur est telle qu’il rappelle aux plus anciens les grands mouvements des années 80. Nombreux sont ceux qui ont d’ailleurs fait la comparaison avec le mouvement des mineurs contre Thatcher, même si nous n’en sommes pas encore là.

Alors que le gouvernement déployait sa propagande anti-grévistes dans les médias, les travailleurs en grève ont trouvé de nombreux soutiens parmi les usagers qui venaient partager un café, une pancarte ou une discussion au piquet de grève installé devant la gare.

Mort de la reine, mort du mouvement ? Rien n’est moins sûr !

Les directions syndicales ont, certes, sifflé le coup d’arrêt de la grève pendant la période de deuil. Il faut dire que continuer comme si de rien n’était n’aurait pas été forcément bien compris des travailleurs. C’est néanmoins une question qui fait largement débat et d’ailleurs certaines initiatives se maintiennent, c’est le cas par exemple à Nottingham au nord de l’Angleterre où les grévistes de l’été se donnent rendez-vous les samedis après-midi pour s’adresser à la population locale. Ils entendent bien continuer à se faire voir et à faire entendre leurs revendications. Depuis le début du mouvement les deux principaux syndicats organisant l’un les conducteurs (ASLEF) et l’autre l’ensemble de la branche transport (RMT) ne s’étaient pas mis d’accord pour une journée commune, ASLEF refusant toute proposition d’initiative commune. Ce n’est qu’à la fin de l’été, devant la réussite des journées précédentes, qu’une date commune avait été fixée le 15 septembre. Cette perspective était très attendue par de nombreux grévistes. Le fait de l’annuler pour cause de deuil national, sans immédiatement annoncer une nouvelle date commune, montre que les directions syndicales, bien trop prudentes et modérées, ne poussent pas le mouvement jusqu’au bout de ses possibilités.

Pour que le mouvement gagne !

Les directions syndicales sont pour l’instant les seules dirigeantes du mouvement, avec une certaine influence sur la base : 70 % des salariés du transport sont syndiqués, parfois encore plus notamment chez les conducteurs. Mais elles ne cherchent pas à construire un mouvement de grève qui pourrait les dépasser avec l’ensemble des travailleurs de la branche et encore moins avec d’autres, qui pourtant ont aussi fait des journées de grève. Néanmoins une journée de grève commune à l’ensemble des secteurs vient d’être annoncée – près de quatre mois après le début du mouvement – pour le 1er octobre. Celle-ci pourrait être le début de la construction d’un rapport de force si les travailleurs s’en saisissent car partout les revendications portent sur les salaires, les embauches et les conditions de travail.

Alors, les camarades de Workers’ Liberty tentent de faire entendre leur politique : d’un côté une intensification des actions avec des grèves plus longues, plus rapprochées et des dates communes à tous les secteurs et de l’autre une participation plus active des grévistes à la direction du mouvement. Le manque de transparence des négociations et le manque de discussions et de retour des directions syndicales à l’ensemble des travailleurs est un sujet de mécontentement parmi les travailleurs, syndiqués ou non. C’est à celles et ceux qui travaillent, qui se mobilisent de décider ensemble comment gagner.

Marine Kuné, sur la base de discussions avec des salariés du transport de Workers’ Liberty


Pour les anglophones, il est possible de suivre des informations et notamment les bulletins d’entreprise – comme celui du métro de Londres qui a plus de 30 ans sur : workersliberty.org/tubeworker ou le blog du secteur transport : https://workersliberty.org/blogs/rails

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