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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > avril > 11

Ni l’un, ni l’autre, ni leur système !

Le duel Macron Le Pen tant espéré par la bourgeoisie, tant entretenu par la presse, sera celui du second tour. Loin des préoccupations des milieux populaires, cette élection a vu s’affronter douze candidats, dont cinq millionnaires, dans une campagne sans débats sur fond de guerre en Ukraine, d’effondrement social et de flambée des prix. L’abstention importante, la plus élevée depuis vingt ans, est majoritaire dans les milieux populaires, donnant à ce scrutin des airs de mascarade. Les partis de gauche de gouvernement (PS-PCF), ceux de droite (LR) sont balayés, les Verts (EELV) éclipsés, l’Union populaire de Mélenchon disqualifiée de peu. Que nous disent ces élections ?

Macron rime avec pognon

La lutte des classes existe et Macron l’a bien compris. Le candidat patronal, partisan de l’argent facile et de la matraque, est arrivé premier avec près de 28 %, avec un seul meeting. Cela n’a rien de surprenant. Le pays a été fracturé entre d’un côté neuf millions d’habitants sous le seuil de pauvreté, des salaires de misère, des conditions de travail épouvantables et de l’autre une richesse insolente. Les 109 milliardaires français ont vu leurs gains augmenter de 30 % pendant la pandémie, et le Crédit suisse estime à trois millions le nombre de ménages qui atteindront le million d’euros de patrimoine en 2023. Tout ce petit monde s’est régalé pendant le mandat du banquier issu d’un gouvernement de gauche et a logiquement voté avec discipline. Leur candidat est là pour protéger cette machine à produire les inégalités, à casser les droits sociaux qu’est le capitalisme. Avec une violence sans retenue. Nous n’oublions pas les milliers de blessés lors du mouvement des Gilets jaunes, les dix-sept éborgnés, les quatre mains arrachées. Nous n’oublions pas non plus sa haine des pauvres, ces noms qu’il disait « difficiles à prononcer », son mépris des « gens qui ne sont rien ».

Alors que penser de l’appel risible d’un certain Emmanuel Macron aux déçus de l’ancien président ? Ce cirque a assez duré.

Le Pen rime avec la haine

Alors pour dégager Macron, la tentation du pire est présente chez certains, tant la haine qu’il suscite est grande. Pourtant ces deux-là sont bel et bien complémentaires et complices. Complémentaires, car ils sont les meilleurs ennemis du monde, mais aussi complices. Car derrière une rivalité de façade, Macron et Le Pen aiment l’argent, les riches, les inégalités, les dictateurs en Afrique, en Russie et ailleurs. Et si la surenchère raciste de Zemmour l’a faussement mise en valeur, Marine Le Pen ne représente en aucun cas un progrès social. Bien au contraire, son programme est celui de la division entre les travailleurs selon leur origine, et lorsqu’elle parle « des intérêts de la nation », c’est toujours pour appeler à la haine des autres, bien plus qu’à un prétendu amour des siens.

Leurs élections et nos choix

Bien des travailleuses et des travailleurs ont espéré de l’Union populaire de Mélenchon, et bien peu ont choisi le vote révolutionnaire (Philippe Poutou et Nathalie Arthaud). Souvent sans illusion, juste pour échapper au duel un peu trop annoncé. La marche est loupée de peu et l’amertume est grande sans doute. La possibilité de passer n’a pas marché. Cette gauche qui se dit radicale a tout misé sur les institutions, la voie électorale. Mélenchon a même expliqué que son vote éviterait les manifestations, en un mot : les feuilles de papier dans l’urne plutôt que les luttes. Pourtant il faudra faire des additions. Il faut ajouter au vote Mélenchon l’abstention populaire, une colère solitaire. Cette colère encore silencieuse et cette protestation par des bulletins de vote ne font pas un mouvement, mais elles représentent des millions de refus de leur monde qui nous mène à la catastrophe.

Nous, les exploités et opprimés, sommes une immense force potentielle. Bien plus nombreux qu’eux. Le second tour n’offre en réalité aucun choix. Il nous reste à prendre nos affaires en main sans rien attendre de leur monde. Il faut construire le nôtre, dès maintenant, celui de la solidarité, de l’unité combative de notre camp social, de nos luttes victorieuses contre leur loi du fric, leurs guerres, leur pollution, leur misère.

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