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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > avril > 28

Mettons Macron, Philippe et leurs commanditaires au chômage !

On peut quand même trouver quelques circonstances atténuantes au Premier ministre. Difficile de parler des heures sans pouvoir dire franchement ce que pourtant tout le monde sait : semaine après semaine, les impératifs économiques s’imposent face aux impératifs sanitaires, nos vies passent au second plan derrière les profits du grand patronat.

Confinés puis déconfinés, mais toujours sans moyens sérieux

Le déconfinement a déjà commencé, il s’est accéléré depuis l’appel de Macron à la reprise d’ici le 11 mai. Les transports en commun sont bondés en région parisienne aux horaires des travailleurs « essentiels ». La production a repris dans les usines comme à Toyota Onnaing ou à Renault Flins.

« Le principal geste barrière reste la distance physique », a rappelé doctement Édouard Philippe. Qui peut y croire sur les chaînes de montage, les chantiers du bâtiment, dans les centres de tri de la Poste ou les transports en commun ? Les promesses creuses se succèdent – où est passé le « plan d’urgence pour l’hôpital » annoncé mi-mars ? Dernière en date, des « brigades épidémiologiques » pisteront le virus dans chaque ville. Mais faute de médecins, l’État fera appel à des « volontaires de la Croix-Rouge » !

De l’argent il y en a !

Ce plan de déconfinement dans la pénurie se déroule en parallèle du plus ambitieux « plan de sauvetage » de l’économie de toute l’histoire récente. Les milliards pleuvent sur les entreprises et leurs actionnaires.

Un chiffre pour les résumer tous : 7 milliards d’euros pour le sauvetage d’Air France, 39 millions pour l’aide alimentaire. Alors que les queues s’allongent devant toutes les soupes populaires, le gouvernement débourse 180 fois plus pour arroser les actionnaires d’une seule entreprise que pour éviter la malnutrition dans les quartiers pauvres !

Le chantage à l’emploi comme politique de la santé du capital

Cette pluie de milliards s’accompagne d’une supplique patronale permanente : si la crise sanitaire continue, ou plutôt, si des mesures trop rigoureuses sont prises face à la crise sanitaire, nous serons contraints de licencier massivement. Ainsi chaque travailleur est sommé de choisir entre sa santé et son bifteck.

Mais le chômage qui s’abat déjà sur des millions de travailleurs – les statistiques nationales n’ont jamais constaté une augmentation aussi fulgurante – n’est pas le symptôme de la crise économique, c’est plutôt la réponse immunitaire du patronat qui défend ses profits. Il n’a rien de naturel, il est le produit du choix de licencier en masse plutôt que d’éponger les frais de deux mois de confinement.

Les grands groupes publics ont montré l’exemple : ni la SNCF, ni la Poste n’ont renouvelé les nombreux CDD ou contrats d’intérim qui ont expiré en mars ou avril, ou l’ont fait à temps partiel. D’où une vague de licenciements qui a touché d’abord les plus précaires – mais qui se généralisera. Même Air France a promis un « plan social », avec ses 7 milliards en poche !

Le gouvernement facilite sciemment la tâche des licencieurs en prolongeant ce qu’il a appelé un « état d’urgence sanitaire » mais qui n’est qu’une suite de dérogations au droit du travail qui permet au patronat de faire travailler plus d’un côté, de licencier plus de l’autre.

Ce chantage à l’emploi généralisé est le spectre qui hante le « déconfinement ». C’est sous sa pression que les parents devront décider s’ils remettent leurs enfants à l’école à partir du 11 mai – la dernière bassesse du gouvernement étant de faire peser ce choix sur les familles.

Mais ce n’est pas une fatalité. Si le chômage est l’arme des capitalistes pour faire payer la crise aux travailleurs, ceux-ci ont tous les moyens de s’y opposer en s’unissant dans la lutte autour de revendications essentielles comme l’interdiction des licenciements. Pour les salariés, il s’agit de défendre leur peau dans la crise économique comme dans la crise sanitaire. Un premier pic de « droits de retrait » avait donné des sueurs froides au patronat et au gouvernement au début du confinement. À nous de préparer le tsunami de colère sociale qui les emportera tous.

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