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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > avril > 23

La colère gronde et les riches ont peur !

Il y a peu, alors que la moitié de la planète était déjà en plein confinement, la FAO, l’OMC et l’OMS ont lancé un appel s’inquiétant de possibles pénuries alimentaires à court terme. Cela, alors même que de bonnes récoltes avaient permis d’avoir des stocks mondiaux d’un bon niveau, en particulier de céréales. Même en France, le risque de pénurie est bien réel. C’est ainsi que Le Canard enchaîné vient de publier un email du préfet de Seine-Saint-Denis évoquant le risque alimentaire dans le département le plus pauvre du pays et affirmant craindre « des émeutes de la faim ».

À l’échelle de la planète, la faim fera probablement plus de victimes que le virus

Les restrictions à l’exportation de grands pays producteurs et les stocks que veulent constituer les pays importateurs risquent en effet de provoquer une flambée des prix. À quoi s’ajoute la perturbation des chaînes de transport par les fermetures de frontières et les mesures de confinement. On manque de lait en Chine. Aux États-Unis, les producteurs du Wisconsin le déversent dans les champs faute de transports.

L’explosion de la pauvreté et du chômage

L’Organisation internationale du travail prévoit la perte de 200 millions d’emplois. Sans compter tous les petits boulots qui font vivre de nombreuses familles dans le monde. Deux milliards de personnes au moins risquent de voir leurs revenus s’effondrer.

Aux États-Unis, en quatre semaines, 20 millions de personnes se sont inscrites au chômage. Du jamais vu. Avec, déjà, des queues interminables devant des banques alimentaires. On parle bien de la première puissance mondiale...

Au Bangladesh, un des pays les plus pauvres du monde, l’arrêt brutal des commandes des Zara, Primark et autres C&A a plongé les familles des travailleuses du textile dans la sous-alimentation. Au Brésil, à São Paulo, la faim progresse plus rapidement que le Covid-19 : les enfants bénéficiaient de repas gratuits dans les écoles et leur alimentation se résume désormais à du riz.

Des millions de réfugiés croupissent dans des camps, en Syrie, au Yémen, mais aussi en Turquie et en Grèce, aux portes de la très riche Europe. Sans compter les habitants de tous les bidonvilles d’Inde, d’Afrique ou d’ailleurs, souvent sans plus aucun revenu, et dépendant des dons d’ONG amoindris par la crise sanitaire.

Une bombe sociale...

Le journal patronal français Les Échos s’inquiète, car, même dans les pays riches, la crise sanitaire accentue le fossé entre les riches et les habitants des quartiers populaires, qui supportent de moins en moins le confinement dans des appartements trop petits, avec les enfants à faire étudier en plus du reste.

L’économiste en chef du FMI craint « des troubles sociaux » à l’issue des déconfinements. Il a bien raison ! C’est déjà le cas en Chine, aux États-Unis. En Inde, face à la colère explosive de millions d’Indiens dans un dénuement complet, le gouvernement d’extrême droite a dû en rabattre, du moins officiellement, sur l’extrême violence politicienne à l’encontre des plus pauvres pour imposer le confinement. Ici même, la colère est grande contre le gouvernement, totalement discrédité, et sa police. On a pu le voir à Villeneuve-la-Garenne où une intervention de la police a renversé un jeune à moto et, surtout, fait déborder la colère dans de nombreux quartiers qui ont la révolte à fleur de peau.

Les riches savent qu’ils dansent sur un volcan : la pandémie a certes, provisoirement, stoppé les mobilisations en cours en Algérie, au Soudan, au Chili, en Irak, au Liban et aussi en France. Mais la gestion de la crise sanitaire par les gouvernants ne fait que rajouter de la colère à la révolte.

Dans tous les pays, la population est témoin des milliers de milliards dont les gouvernements arrosent les plus riches alors qu’elle n’a, au mieux, que quelques aumônes. Sa colère pourrait bien s’amplifier quand les gouvernants demanderont aux travailleurs de payer ces largesses faites aux capitalistes.

Une fois l’urgence médicale passée, il pourrait bien y avoir, comme le craint le journal patronal Les Échos, « troubles sociaux, manifestations violentes, révoltes, voire révolution ». Bonne idée ! Les travailleurs, les pauvres du monde entier auront pu voir que les riches du monde entier les traitent de la même façon. Il s’agit de s’unir dans une même lutte. Comme le dit le refrain d’une belle chanson de lutte de travailleuses libanaises : « Partout, la révolution » !

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