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Merkel s’appelle désormais Scholz, et alors ?

Éditorial des bulletins d’entreprise du 17 décembre, des camarades du RSO (Allemagne)

21 décembre 2021 Article Monde

Depuis le 8 décembre, nous avons un nouveau gouvernement avec un chancelier et son équipe de ministres. Un nouveau commencement ?

Après la défaite électorale du Parti chrétien-démocrate CDU, les membres de la coalition « rouge-jaune-vert », SPD (sociaux-démocrates), FDP (libéraux) et Grünen (écolos), ont rapidement engagé des négociations. Ces partis soulignent dans l’accord conclu qu’ils sont trois formations différentes, ce qui ne les empêche nullement de se trouver d’accord pour mener une politique néolibérale à peine teintée de vert et de rose (façon social-démocrate). « L’alliance pour la liberté, la justice et un monde plus durable » aligne les promesses, se présente comme jeune et dynamique ; le SPD surtout aimerait faire oublier qu’il sort de huit ans au pouvoir.

Maintenant tout va changer ?

Le salaire minimum va augmenter, passant de 9,60 à 12 euros. La loi Harz IV (allocation chômage réduite à la portion congrue) va s’appeler désormais Bürgergeld – ou allocation citoyenne – pour en finir avec la sale image que traîne cette réforme du marché du travail. Les Verts étant la deuxième force de cette coalition, une politique climatique bienveillante à l’égard de l’économie est promise, rien de conflictuel comme les protagonistes le prouvent dans les différents gouvernements des Länder auxquels ils participent. Maintenant au niveau fédéral. La fin de l’extraction du charbon et de son exploitation comme source d’énergie ? Peut-être, c’est à espérer, d’ici 2030… ou d’ici 2038 : comme cela était déjà prévu ! Et on ne sait guère ce qu’on va faire des hommes – environ 20 000 personnes – travaillant toujours dans ce secteur. On n’a pas non plus l’infrastructure nécessaire pour compenser la part du charbon (30 % exactement) dans la production d’électricité. Et il faut bien sûr sauvegarder les profits des trusts de l’énergie. Voilà donc une promesse à échéance suffisamment lointaine pour n’avoir pas à être honorée par le nouveau gouvernement.

De plus, l’industrie automobile allemande devrait fabriquer davantage de véhicules électriques : c’est ainsi que les riches entendent sauver l’industrie automobile… et à long terme, des chances raisonnables de sauver le climat ? Mais un accord de coalition peut ne pas même durer le temps d’une législature ; il est parfois déjà oublié par ses signataires dès la Saint-Sylvestre, noyé dans des flots de champagne.

Place à la jeunesse aussi ? Normal pour des partis qui se disent jeunes et dynamiques (surtout les Verts et le FDP qui compte le plus fort taux de jeunes dans son électoral, triste mais vrai !). C’est pourquoi aux prochaines échéances électorales, dans quatre ans, on sera probablement électeur ou électrice à partir de 16 ans. Un cauchemar pour la CDU et le SPD, qui recrutent surtout parmi les plus de 60 ans.

Plus d’argent ?

Et maintenant, à propos d’un problème sérieux : c’est aussi dans le domaine de la santé que le nouveau gouvernement veut améliorer la situation, le personnel soignant ayant été lourdement impacté par la pandémie et ses conséquences. Il y aura des bonus. Et des aides financières pour celles et ceux qui soignent des membres de leur famille chez eux. Mais construire davantage d’hôpitaux publics, recruter davantage de personnel soignant, augmenter les salaires ? C’est non !

Cet exemple montre ce qu’est un accord de coalition : un tas de papier avec lequel un groupe de personnes essaie de se vendre à un large groupe d’autres. Tout bien considéré : davantage un gaspillage de papier que des idées utiles.

De toute façon, il n’est nul besoin de vendre cet accord de coalition à la sphère économique – entendez les grands patrons – car ces derniers sont directement branchés aux politiciens gouvernants, entretiennent d’excellentes relations avec l’État, et se montrent satisfaits. Les profits des entreprises augmentent malgré une crise qui par ailleurs est invoquée pour justifier qu’on ne pourrait pas, hélas, augmenter les salaires, même pas pour tenir compte de l’inflation. Améliorer les salaires coûterait de l’argent sans en rapporter ! Ce n’est pas du côté du gouvernement qu’on arrachera quelque chose, mais par nos luttes.

Et maintenant ?

À peine ont-ils prêté serment que les membres du nouveau gouvernement se disent fort occupés. Même si la maison brûle, il est probable que les choses ne vont pas changer pour nous, surtout pas s’améliorer. Le SPD et les Verts vont se cacher derrière le FDP, qui expliquera que – rigueur économique dont il se revendique oblige – on ne peut pas satisfaire les revendications sociales. On se retrouve avec une coalition jeune et dynamique ? Ou dont la dynamique inquiète ? Rien qu’on ne savait déjà…

(Pour accéder au site du RSO Allemagne, cliquer ici)

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