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Matérialismes trans, sous la direction de Pauline Clochec et Noémie Grunenwald

Hystériques & AssociéEs, 2021, 281 p., 16 €

21 septembre 2022 Article Culture

Issu d’un colloque, le livre rassemble huit interventions qui offrent un panorama sur les questions trans telles qu’abordées par le courant féministe matérialiste revendiquant « une étude du monde social et politique » et une analyse de « la lutte ». Un « matérialisme » éloigné de Marx et du mouvement ouvrier.

Quoique la classe ouvrière en soit quasiment absente, l’ouvrage est d’un intérêt indéniable. Le premier chapitre d’Emmanuel Beaubatie, qui reprend les conclusions de sa thèse de doctorat appuyées sur un travail sociologique d’ampleur, présente les transitions comme des déplacements dans les hiérarchies de genre : les hommes trans expérimentant une forme d’ascension, les femmes trans au contraire une perte de statut. Montrant comment ces trajectoires ont été théorisées et encadrées par la psychiatrie et la médecine occidentale depuis le début du XXe siècle, il explique ensuite en quoi elles sont conditionnées par le sexe d’origine et l’âge du début de transition (les hommes transitionnent souvent plus jeunes alors qu’une partie des femmes transitionnent à l’âge adulte, après une première période de vie affective et familiale) et aborde les positionnements individuels face à l’oppression par les normes de genre.

D’autres chapitres reviennent sur la place accordée aux femmes trans dans les mouvements féministes et les préjugés qui entretiennent une instrumentalisation fétichiste dans les milieux queers, rejet violent et transphobie de la part de beaucoup de féministes, ces phénomènes faisant écho à leur traitement par la société en général. Est aussi analysé le problème particulier du racisme : partout où il sévit, les hommes trans noirs restent avant tout noirs. Ces textes et ceux que nous n’avons pas la place de mentionner ici sont d’une lecture fluide et agréable, faisant de l’ouvrage une bonne introduction relative aux questions trans, ce qui reste rare en langue française.

Thomas Liao

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