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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > avril > 25

Macron le mal élu pourrait vite déchanter

Grande victoire de Macron, titrent certains médias. Si les 58,5 % des suffrages qui se sont exprimés sur son nom sont un des records de la Ve République, l’exploit consiste surtout à avoir été élu avec autant de voix d’hommes et de femmes qui le détestent ! Ont voté pour lui – à l’appel direct ou à peine voilé de tous les partis, de droite comme de gauche – des millions qui ont subi sa politique pendant cinq ans mais voulaient encore moins subir celle de Marine Le Pen. Drôle de démocratie que celle du moins pire contre le pire ! Sans oublier une abstention record aussi. « Merci… ce vote m’oblige », a pourtant déclaré Macron sur fond de tour Eiffel pour que sa photo fasse le tour du monde. Il aurait mieux fait de dire merci à Marine Le Pen dont les idées nauséabondes ont servi de repoussoir. Et rien ne l’oblige à rien. C’est à nous de jouer maintenant, et pas au simple jeu biaisé d’un vote.

Le jeu truqué des urnes

Macron avait eu 9,7 millions de voix au premier tour, 28 % des votants, soit à peine 20,5 % des inscrits. Neuf millions d’autres s’y sont rajoutées au second, surtout de ceux qui vomissent sa politique. Celles du reste de la droite lui revenaient de droit, mais le maigre score de Valérie Pécresse ne pesait pas bien lourd. S’y sont ajoutées celles d’électeurs écologistes à qui était resté en travers du gosier le cinéma hypocrite du « grand débat sur la transition écologique » et la promesse de futures centrales nucléaires de poche à multiplier. Ajoutées aussi celles de travailleurs, de jeunes qui, écœurés de la droite tout autant que de la gauche gouvernementale, avaient regardé vers Mélenchon ou tout simplement voté pour lui, là aussi par défaut, dans le seul but de ne pas avoir au second tour ce choix impossible entre deux maux.

Au soir de ce second tour, tous les leaders politiques, de l’extrême droite à la gauche de Mélenchon en passant par la droite, nous ont vanté leur « troisième tour » : les élections législatives de juin, qui leur permettraient, s’ils avaient assez de députés, de mettre des bâtons dans les roues du futur quinquennat ou… d’être pris par Macron comme ministres de ceci ou cela. Même Mélenchon, qui s’emploie à rassembler ce qui reste de la gauche, propose à Macron la cohabitation gouvernementale, avec lui comme Premier ministre. Quel nouveau leurre pour les travailleurs ?

Contre la politique de Macron, à nous de jouer

Pas sûr que ces jeux politiques inquiètent Macron. En revanche, c’est la colère des classes populaires, et leurs luttes, qui le menacent. Lors de son premier quinquennat, il avait d’abord essuyé la colère de Gilets jaunes, dressés contre la vie chère. Ensuite la révolte de salariés contre sa réforme des retraites, qu’il avait dû remettre à plus tard, même si elle était l’un des souhaits du patronat, et que, coté syndicats, il avait reçu l’assentiment à peine voilé de la CFDT. La crise sanitaire à son tour l’a mis sur la sellette, elle qui révélait à ce point la grande pénurie des hôpitaux, le scandale des suppressions de lits et de personnel.

Au bilan du premier mandat de Macron est à mettre aussi la progression des idées d’extrême droite, mortelles pour le monde du travail, et celle des voix d’une Marine Le Pen tablant sur l’aggravation du chômage et de la misère pour clamer « les Français d’abord », pendant que Macron avec sa traque incessante aux migrants encourageait, voire doublait la démagogie nationaliste et xénophobe de l’extrême droite.

« L’obligé » Macron a annoncé la couleur de son nouveau quinquennat : la retraite à 65 ans, 15 ou 20 heures de boulot gratuit par semaine pour les titulaires du maigre RSA, notamment. Pendant que le patronat multiplie ses plans de restructuration et suppressions d’emploi, à commencer dans le secteur automobile. Et pendant que les PDG du CAC 40 affichent des doublements de salaires mirobolants d’une année sur l’autre. Non, face à ce que nous promet Macron, on n’est pas prêts à se laisser faire.

C’est face à la colère sur les lieux de travail et dans la rue que le nouveau quinquennat de Macron pourrait bien capoter.

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