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Cohabiter avec le monde de Macron ?

Le temps des promesses électorales n’est pas tout à fait fini. L’élection de Macron conforte cette démocratie des riches, faite d’inégalités, de violences, d’abstention. Mais les législatives continuent d’alimenter de nombreuses discussions : l’Union populaire peut-elle être un contrepoids face à la politique de Macron ? Plus largement, comment ferons-nous reculer l’agenda de régression sociale du président des riches ?

Macron 2 : une catastrophe annoncée

En cent jours, Macron veut marquer le coup en imposant entre autres la casse des retraites et le travail gratuit sans contrat pour les bénéficiaires du RSA. Avec ou sans dialogue syndical d’ailleurs, avec ou sans l’accord de l’Assemblée nationale non plus comme l’a rappelé le ministre Bruno Le Maire.

Le bilan de ces champions est déjà sinistre. D’un côté, 160 milliards de profits des grands groupes du CAC 40 de la Bourse de Paris, les cinq premières fortunes possèdent autant que les 40 % les plus pauvres. De l’autre côté, des retraites de misère (en moyenne 1 341 euros net, et les femmes 21,7 % en dessous !), une explosion des morts au travail (8 000 à venir d’ici 2030, la France championne d’Europe !), des salaires bloqués, un travail précaire qui explose.

Comme si cela ne suffisait pas, l’inflation mange le peu qui reste. Avec le prix des carburants, l’électricité et le gaz devenus un luxe, les courses hors de prix… France info, le 29 avril, révélait que les pâtes d’entrée de gamme avaient augmenté de 70 % ! Les services sociaux sont débordés, les loyers impayés se multiplient. Et pour ceux qui protestent : gaz lacrymogènes, matraque, flash-balls et à chaque fois des dizaines de blessés. Voilà le monde de Macron. Sans oublier le petit couplet raciste pour enrober le paquet.

Croire au contrepoids électoral, ou arrêter la politique des riches ?

Et voilà qu’on nous fait miroiter un espoir sur le seul terrain électoral. Une fois de plus. Avec la « Nouvelle Union Populaire écologique et sociale ». Certes, l’espoir est nécessaire, salutaire pour préparer l’avenir. À condition de ne pas se faire d’illusions. En effet, quand on nous dit bloquer le pire avec un brin de social, avec l’unité de la gauche, voilà qui sonne bien. Mais on connaît la chanson.

D’abord cette victoire électorale n’est pas acquise, mais admettons. Des mesures sociales peuvent-elles être votées à l’Assemblée nationale ? Certainement, mais à la marge. Un meilleur dialogue social avec les syndicats et un gouvernement de gauche seraient-ils une avancée ? Dans le cadre de la gestion du capitalisme ça ne sert qu’à faire avaler la pilule. Cette gauche essaie un peu vite de nous faire oublier qu’elle a été au pouvoir avec une politique similaire. À commencer par Mélenchon, au PS pendant des décennies et ministre sous Jospin.

Au-delà des mots, nous le savons toutes et tous, sans rapport de force favorable il est impossible de faire reculer les vrais décideurs. Lors du premier mandat Macron, ce sont le mouvement des Gilets jaunes et la crainte d’un mouvement d’ampleur contre les retraites qui l’ont fait reculer. Nous n’aurons que ce que nous prendrons par la lutte, loin des salons, des débats parlementaires, dont les minuscules et ridicules négociations entre partis de gauche nous donnent un avant-goût. Même donner la majorité à cette gauche, pour cohabiter au pouvoir avec Macron, ne nous épargnera pas « des kilomètres de manifestation », contrairement à ce qu’a avancé le leader de la France insoumise.

Préparer l’avenir

Les manifestations du 1er mai ont été nombreuses sans être un débordement. Pourtant, sans nier les difficultés, des secteurs encore minoritaires luttent pour les salaires. Des secteurs de notre classe bien plus larges ont fait à juste titre de la bataille à venir des retraites une ligne rouge. C’est la voie pour faire reculer la misère et construire un autre monde. Ce sont là les premiers objectifs qu’il va falloir se donner et préparer par une lutte générale, massive, coordonnée visant à être majoritaire. Car faire reculer Macron et sa politique c’est bien plus que changer de premier ministre.

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