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Accueil > Éditos de bulletins > 2007 > décembre > 3

Les remèdes de Sarkozy pour augmenter le pouvoir d’achat : imbuvables !

En pleine lutte des cheminots et des fonctionnaires, Sarkozy avait tenté une petite diversion : celui qui prétend être le « président du pouvoir d’achat » allait bientôt dévoiler ses propositions lors d’une intervention télévisée au journal de 20 h.

Depuis sa campagne électorale, Sarkozy prétend avoir beaucoup réfléchi au pouvoir d’achat, mais ce qu’il en ressort, c’est qu’il est assez filou pour inventer de nouvelles mesures qui, à terme, ne peuvent que pourrir un peu plus la vie de tous. Quelles que soient les applications de son fameux slogan « travailler plus pour gagner plus », c’est un jeu de dupe pour les salariés qui se profile.

Sarkozy propose de « monétiser » les RTT, autrement dit les jours de RTT non pris pourraient être payés par le patron. Mais pour les RTT comme pour les heures sups, les choix sont bien souvent dans les mains des patrons qui gèrent le sous-effectif et les à-coups de production en usant au maximum ceux qui travaillent plutôt que d’embaucher. Les mesures prises en faveur des heures supplémentaires il y a un mois étaient déjà une manière d’offrir plus de flexibilité aux patrons, tout en leur faisant cadeau des charges sociales.

Sarkozy prétend aussi se soucier du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Mais le gouvernement ayant réduit les effectifs dans les services publics, les heures sups à +25% qu’il propose serviront à combler les trous avec ceux qui restent.

Le programme de Sarkozy pour améliorer le pouvoir d’achat se résume à mettre à disposition des patrons le temps libre des salariés. Pourtant, il se garde bien de parler des quatre millions de travailleurs en temps partiel, dont beaucoup travailleraient plus s’ils le pouvaient. Et que dire de cette carotte des heures sups, pour tous les jeunes qui ne parviennent même pas à se faire embaucher ?

Après avoir décliné toutes les formes du chantage au « travailler plus », il fallait encore tuer l’argument de bon sens : pourquoi ne pas simplement augmenter les salaires ? Jeudi dernier à la télé, Arlette Chabot tendait la perche que Sarkozy attendait. Et tous deux d’affirmer que, bien entendu, il n’y aurait pas d’argent pour cela. Et les 15 milliards de cadeaux fiscaux aux riches ? Et les décharges sociales en faveur du patronat ? Et les énormes profits accumulés au détriment des salariés depuis 20 ans ?

En réalité, les patrons ne traversent pas du tout une période de vaches maigres, mais en veulent toujours plus. La patronne du Medef, Laurence Parisot, a accueilli « avec beaucoup d’intérêt et d’espoir  » la possibilité de s’exonérer des 35 heures en échange d’augmentations de salaires. Pas très étonnant : elle avait elle-même déclaré, moins d’une semaine auparavant, qu’elle souhaitait la suppression de toute limitation légale de la durée du travail ! Quant au montant des augmentations, rien de contraignant : il serait à définir au cas par cas, par entreprise. Avec son speech de jeudi, Sarkozy aurait pu difficilement faire meilleure démonstration de ce que son gouvernement n’est que la machine à traduire en actes les désirs des patrons.

Gagner plus sans travailler plus, cela s’imposera par la lutte

Tout est inacceptable dans le discours de Sarkozy. L’avenir qu’il nous propose, c’est perdre toujours plus sa vie à la gagner. Partir toujours plus tard en retraite, avec une pension misérable, après une existence toujours plus bouffée par le boulot… ou les boulots, puisqu’il risque de devenir de plus en plus difficile de survivre avec un seul emploi.

Le remède à notre baisse de pouvoir d’achat, ce sont de vraies augmentations, sans contreparties. Des centaines de salariés de Conforama sont actuellement en grève chaque week-end pour 120 € nets d’augmentation par mois.

Un exemple suivi ailleurs et à amplifier dans une lutte d’ensemble qui se donnerait pour objectif un rattrapage de 300 € de tous les salaires et des minima sociaux !

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