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Éditorial des bulletins d’entreprise de nos camarades du groupe RSO (Revolutionär sozialistische Organisation) d’Allemagne

Les gros poissons prennent encore du gras

7 février 2021 Article Monde

Éditorial de nos camarades du RSO (Revolutionär Sozialitische Organisation) d’Allemagne.


Encore une fois, après le « sommet vaccins » [1], Merkel et le ministre de la Santé Spahn ont fait de grandes promesses, apostrophant au passage les grands groupes pharmaceutiques. Partout dans le monde, les gouvernants ont montré combien ils étaient incapables de gérer une pandémie. Beaucoup de temps passé à pointer du doigt toutes les responsabilités possibles, mais pas un mot sur le fait que toute politique se cogne automatiquement au mur du marché, et que tout ce que souhaitent les gros poissons, c’est devenir plus gros encore.

Les maths version Big Pharma

Les groupes pharmaceutiques ne livrent pas les doses vaccinales qu’ils avaient promises. C’est une catastrophe pour la population, mais un bon marché pour les capitalistes. Dans ce système, l’urgence et la misère sont rentables. Le gouvernement allemand supplie Pfizer/BioNTech de fournir quelques millions de doses de plus, et se dit prêt à sortir le chéquier. Le personnel de la santé est parvenu à administrer six doses de vaccin à partir de flacons de cinq doses. Et l’arithmétique pharmaceutique accourt : Pfizer/BioNTtech soutiennent qu’ils ont signé un contrat pour des « doses » et non pour des « flacons ». Ils ont donc moins livré mais le contrat est rempli ! CQFD… Les sociétés pharmaceutiques jouent au poker menteur, mais c’est tout bon puisque la plupart des États ont déjà payé des milliards pour les précommandes ! AstraZeneca, par exemple, a déjà encaissé 336 millions d’euros de la part de l’Union européenne. Et c’est sans compter les millions de diverses origines versés comme subventions pour la recherche et la production du vaccin. L’UE à elle seule a versé 100 millions à BioNTech, tandis que l’Allemagne ajoutait 750 millions de subventions de recherche pour BioNTech et d’autres start-up allemandes comme IDT et CureVac.

Le marché avant la santé

Les laboratoires pharmaceutiques se conduisent comme d’habitude. Pour eux, les vaccins sont une marchandise qui promet du profit. Le groupe Sanofi, en retard sur l’élaboration de son vaccin, s’est montré réticent avant d’accepter à contre-cœur de mettre ses capacités de production à disposition, mais attention, uniquement pour la mise en flacons, pas pour la production. Il a pourtant des usines ? Pourquoi ne convertirait-il pas ses chaînes pour produire les vaccins déjà existants ? Non seulement les patrons de Sanofi hésitent à mettre à disposition leurs capacités productives, mais ils licencient dans le même temps des centaines de salariés, surtout dans la recherche. De même pour Berlin Chemie : la sénatrice de la Santé avait déjà annoncé fièrement que l’entreprise pourrait produire le vaccin, avant d’être rappelée à l’ordre : Berlin Chemie n’aidera qu’à la mise en flacons, pas à la production. Bayer veut bien produire, mais seulement pour CureVac. Les entreprises pharmaceutiques pourraient mutualiser tous les savoir-faire et toutes les capacités de production, mais au lieu de cela, c’est le « secret commercial », le secret sur les brevets… Et pour la population : confinements et hôpitaux sous quarantaine…

Les labos sauvent les vies… de ceux qui en ont les moyens !

Pour la plupart des pays pauvres, personne ne peut dire quand il y aura des vaccins, ni combien, ni s’ils auront les moyens de les payer. Ce n’est pas que les lois manquent, ni les accords internationaux, qui obligeraient les grandes entreprises à rendre publics l’état de la recherche et les licences en cas de pandémie à l’échelle mondiale. Mais les politiciens de tous les pays s’inclinent devant la sacro-sainte propriété privée, et les grands groupes n’ont rien à craindre.

De l’argent, il y en a

Pour le moment, Volkswagen table sur 10 milliards de bénéfices. Daimler vient d’annoncer 6,6 milliards de bénéfices – plus que l’année dernière ! Pour Audi, le dernier trimestre a été le meilleur de l’histoire de l’entreprise. Les hedge funds annoncent des profits record ! La fratrie Quandt-Klatten de BMW vient de payer 800 millions d’euros de dividendes… à eux-mêmes. Même débauche chez Karstadt, un des grands du commerce. Chaque crise à ses heureux gagnants. D’un côté ces assauts de profits, de l’autre ces scandaleuses suppressions de postes qui sévissent partout.

Les gouvernants comme les capitalistes agissent selon leur logique : leurs profits valent plus que notre santé et nos vies. La majorité de la population a autre chose en tête :

Stop à la pandémie ! Stop aux profits ! Pas de licenciements !


[1Une grande concertation politicienne pour discuter de l’évolution de la campagne vaccinale.

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