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La troisième guerre, film de Giovanni Aloi

20 septembre 2021 Article Culture

Giovanni Aloi est un jeune réalisateur italien qui vit en France, où il est venu faire des études d’arts plastiques avant de se lancer dans le cinéma. Ce premier film est une réussite sur tous les plans.

Léo, très jeune homme, vient de finir ses classes dans l’armée de terre et sa première expérience est de participer à la mission « Sentinelle » à Paris. Cette opération a été lancée par François Hollande en 2015, après les attentats, pour accompagner le plan Vigipirate et donner l’impression que l’État agit contre le terrorisme. Elle déploie 10 000 soldats tous les jours dans les grandes villes du pays. Ils patrouillent, armés, et sont à l’affût d’une éventuelle menace terroriste. Nous sommes plongés dans cette atmosphère de tension et de paranoïa dès la première image où le groupe de Léo repère un sac abandonné, donc suspect, dans la gare de Bercy.

Le film alterne les scènes de patrouille, pleines d’une tension sourde, et les scènes plus intimistes, à la caserne, dans un univers potache et macho, car quasi exclusivement masculin. Le supérieur direct de la patrouille de Léo est cependant une femme, personnage interprété par Leïla Bekhti. Par petites touches, nous ressentons à travers elle à quel point l’armée reste un milieu misogyne.

Le film est centré sur Léo dont on découvre peu à peu le fanatisme qui l’a conduit à s’enrôler, mais aussi le désir de se faire une place dans la société, d’y être utile – pense-t-il. La tension culmine lors des vingt dernières minutes et la fin du film laisse KO.

Ce film est un quasi-documentaire : Giovanni Aloi a beaucoup échangé avec des anciens de la mission Sentinelle – à l’armée, ceux qui parlent sont ceux qui sont partis ! Notamment une jeune femme. Il rend parfaitement compte de l’embrigadement mis en place par la hiérarchie qui n’a que « Nous sommes en guerre ! » à la bouche. Mais aussi du climat pesant que fait régner cette opération avec des patrouilles composées de soldats morts de trouille et qui inspirent plus la peur que la sécurité à ceux qu’elles sont censées protéger ! Leur inutilité pratique est, elle aussi, bien montrée, car ces soldats n’ont pas le droit d’intervenir face à des problèmes autres que le terrorisme. Et, même dans ce cas, pour faire quoi ? L’épisode du sac abandonné au début du film montre que les soldats n’auraient rien pu faire si le sac avait abrité une bombe !

Les acteurs sont tous excellents, notamment Anthony Bajon dans le rôle de Léo, plein de violence contenue. À voir en salle à partir du 22 septembre.

Liliane Laffargue

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