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Archives > Convergences révolutionnaires > Numéro spécial, décembre 2019 > Le soulèvement au Chili

La répression

10 décembre 2019 Convergences Monde

L’état d’urgence a été décrété le 18 octobre pendant quelques jours, dans onze régions dont tous les grands centres urbains qui ont subi un couvre-feu, parfois dès 18 heures ; la capitale Santiago est alors passée sous le commandement direct de l’armée. Le bilan provisoire est difficile à évaluer avec précision, et les organisations sociales enregistrent seulement les plaintes enregistrées et les faits sourcés et recoupés. Cela explique leur très probable sous-estimation assumée pour assurer leur crédibilité.

On dénombre près de 26 morts (dont une partie au cours d’incendies provoqués par l’armée, les vigiles lors d’opérations de saisie populaires dans des magasins alimentaires ou de vêtements), près de 2 000 blessés par armes à feu, 241 cas d’énucléation suite aux tirs à la chevrotine, 106 cas de viols, 517 cas de tortures, plus de 18 000 arrestations selon un rapport publié dans le journal conservateur El Mercurio le 4 décembre. L’usage de l’état d’urgence, une première depuis la fin de la dictature, le déploiement de près de 10 000 soldats auxquels s’ajoute le corps de la police militaire (Carabineros) de sinistre mémoire, donnent la mesure du danger pressenti par la bourgeoisie chilienne.

Ces chiffres sont le plancher, vérifié par des enquêtes, et sont largement en dessous des chiffres réels qui seront reconstitués plus tard. Bien des blessés ne sont pas venus aux services des urgences pour des raisons de budget ou de sécurité, des exécutions sommaires ont pu être documentées dans les banlieues pauvres, des enlèvements provisoires de militants ont été mis en scène. Le potentiel de l’appareil d’État n’a pas été encore pleinement déployé. Reste l’alternative d’un véritable raz-de-marée prolétarien, d’une rupture radicale avec l’ordre social issu de la dictature de Pinochet (1973-1988).

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