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Keolis Meyer à Montlhéry : « on veut pas de ces miettes ! »

19 octobre 2022 Article Entreprises

(Photo : Piquet de grève de Keolis Meyer à Montlhéry (91), 9 h 30 du matin le mardi 18 octobre, 6e jour de grève)

Depuis le 13 octobre, les salariés du dépôt de bus de Keolis Meyer à Montlhéry (91) sont en grève et déterminés à ne rien lâcher. Le dépôt assure des lignes autour de Juvisy, Grigny, Savigny mais aussi du transport privé notamment pour les salariés de Sanofi. Face à l’inflation généralisée et au durcissement de leurs conditions de travail, ils revendiquent des augmentations de salaire : « on a eu trois rendez-vous bidons avec le directeur, il se foutait de nous, on s’est dit qu’il fallait y aller » nous a précisé un délégué syndical.

Petits calculs pour gros profits

Sur le dépôt de 240 salariés, 170 se sont mis en grève jeudi dernier après deux ans de NAO à 0 %. Quand le service de bus était assuré par l’entreprise Meyer, les salariés avaient arraché de petits avantages pour augmenter leur part variable (panier repas, primes, déclenchement d’heures supplémentaires…), notamment à l’occasion d’une grève en 2013. Ainsi, des arrangements sur le montage de service faisaient gonfler la part variable par l’attribution de primes, paniers et autres éléments de rémunération. La reprise de l’entreprise par Keolis met fin à ces petits arrangements entre amis, preuve de la fragilité de ce type d’« avantages » : le patron d’après n’est pas du tout obligé de s’y tenir, ce qui démontre encore la nécessité d’intégrer la part variable de la rémunération dans le salaire fixe. Le salaire fixe doit être suffisamment élevé pour permettre de vivre décemment sans courir après la part variable à coups d’heures supplémentaires. [1]

Depuis que Keolis a racheté l’entreprise Meyer en 2016, les fiches de paie sont en effet réduites à peau de chagrin. Résultat des courses, ou plutôt de la course au profit : des salaires de misère (en moyenne 6 % au-dessus du smic selon un des grévistes, quand ils l’étaient de 15 à 20 % au rachat de la boîte) et des conditions de travail dégradées, avec des amplitudes horaires pouvant aller jusqu’à quatorze heures sur une seule et même journée. De quoi donner envie aux salariés de demander également des embauches massives pour éviter les amplitudes trop grandes.

À travail égal, salaire égal

À cela, il faut ajouter les nouvelles répartitions de lignes en Île-de-France prévues l’année prochaine. Des répartitions qui rebattent les cartes pour des salariés qui vont se retrouver regroupés avec des salariés d’autres entreprises au sein de nouvelles délégations de service public. Ils risquent tous de voir leur salaire baisser : « ces fusions pour eux, c’est l’occasion d’un nivellement par le bas ! » nous explique l’un d’entre eux. Les salariés de Transdev sont payés quinze euros de l’heure, alors que les salariés de Keolis le sont à hauteur de 13,24 euros. Rattraper cet écart, c’est le minimum pour les salariés : « ça, et la prime Macron qu’on a pas eu ! » ajoute-t-il, « et même en fait ce qu’il faudrait, c’est que notre salaire suive l’inflation ! Ça semble difficile d’obtenir ça, mais ça serait le plus juste parce que la situation elle va pas s’améliorer. »

Le refus des miettes de la direction

La direction reste sourde aux revendications des grévistes et répond par l’intimidation : embauche d’une sécurité privée pour tenter d’intimider le piquet, appel aux pompiers plusieurs fois pour signaler un « feu » (en fait, un brasero contenu), policiers plantés toute la journée… Après une journée entière à faire semblant de négocier, le directeur est resté fixé sur « 3 % d’augmentation à l’ouverture des NAO en janvier et 215 euros de prime Macron ». Et encore, la prime c’est sous condition (un an d’ancienneté, pas d’arrêts de travail sur les derniers mois) ! Pas question de céder pour les grévistes. « On va pas attendre les NAO et on veut pas de ces miettes ! 3 % c’est quoi ? C’est ridicule, l’inflation elle est à plus de 6 % ! On continue, on a réussi à convaincre ceux de la régulation de se mettre en grève avec nous ! »

Emma Martin


L’adresse de la caisse de grève : https://www.leetchi.com/c/soutien-aux-grevistes-keolis-meyer

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