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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > juin > 24

Interdiction des licenciements et des suppressions de postes !

Plus de 5000 personnes ont manifesté samedi à Belfort contre les 1000 licenciements annoncés chez General Electric. GE, Ford, Peugeot, Carrefour, le gouvernement est complice des grands groupes qui licencient et leur montre l’exemple en supprimant des emplois à la Poste, la SNCF, dans les hôpitaux ou l’éducation. Il n’y a rien à attendre des pouvoirs publics, ni des politiciens, vautours en bleu-blanc-rouge, qui sont plus préoccupés par leur propre poste que par celui des ouvriers. Mais il n’y pas de fatalité : pour sauver leur peau et interdire les licenciements, les travailleurs peuvent compter sur leurs propres forces.

La dictature des actionnaires

Les grands groupes capitalistes, français ou étrangers, traitent les travailleurs comme des kleenex dont on se débarrasse après usage. Ils ne sont jamais perdants de leur monopoly planétaire. En difficulté temporaire, voire simplement pour faire monter leur cours en bourse, ils licencient des centaines de travailleurs comme à Belfort, sans se soucier des conséquences pour la région.

General Electric avait promis 1000 emplois il y a cinq ans. Promesse de patron, comme de politicien : le conseiller industrie de Macron au ministère de l’économie lors du rachat de la branche énergie d’Alstom par GE en 2014 est aujourd’hui à la tête de GE France, en charge de la mise en œuvre de ce plan de licenciements ! Le ministre actuel Bruno le Maire ment quand il prétend apprendre la nouvelle en même temps que les travailleurs concernés, au lendemain des élections européennes.

Les gouvernements ne font qu’aménager les conditions de la dictature des grands groupes capitalistes sur la vie économique. Ils cajolent ceux qu’ils appellent complaisamment les « investisseurs » en baissant leurs impôts, en leur offrant des subventions, en finançant des infrastructures et en attaquant, au nom de la « compétitivité », les quelques protections légales arrachées par les luttes.

Doux avec les puissants, Macron comme ses prédécesseurs est féroce avec les faibles

En pleine vague de licenciements, la réforme de l’assurance-chômage va plonger les travailleurs privés d’emploi dans la misère. Ces mesures brutales, en plus d’économies budgétaires sur le dos des pauvres, visent à désigner les chômeurs comme responsables du chômage afin d’exonérer les patrons licencieurs.

Et face aux attaques du gouvernement et de nos patrons bien français, le « patriotisme économique », n’est que diversion. Risible quand elle vient de cette « opposition » composée de ceux qui ont précédé Macron au gouvernement et y ont appliqué la même politique. Et dangereux, comme tous les mensonges nationalistes de l’extrême-droite, même lorsqu’ils sont repris par des opportunistes de gauche comme Mélenchon.

Les travailleurs n’ont aucun intérêt à défendre « l’industrie française » car cela revient à s’aligner sur le patronat français, sur les licencieurs du Medef qui ont eu le culot d’appeler à la manifestation de Belfort. Les grands groupes français licencient autant que les autres, avec le profit comme seule boussole. C’est l’Etat, alors actionnaire, qui avait procédé aux premières vagues de licenciements chez Alstom avant de céder une partie du groupe à Bouygues. Un patron bien français qui a empoché une belle somme en revendant la branche énergie à GE !

Contre l’union nationale, l’unité des travailleurs

Même au pied du mur, même soumis à des plans de licenciement ou des fermetures de site, les salariés menacés ont la force du nombre à condition qu’ils fassent cause commune. La CGT Ford de notre camarade Philippe Poutou, qui se bat depuis 10 ans contre la fermeture du site de Blanquefort près de Bordeaux, a lancé un appel dans ce sens : « Nous sommes convaincus que l’issue de notre bataille comme celles de nombreuses autres dépendent de ce que nous pourrions réussir ensemble. »

La bataille au long cours contre les licenciements n’est pas perdue d’avance. Son issue dépend du rapport de force entre d’un côté le patronat et ses complices du gouvernement et de l’autre l’ensemble des travailleurs de toutes les entreprises, menacées à court terme ou pas, du public comme du privé.

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