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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > mars > 18

Fin du monde, fin du mois, même combat !

Après deux mois d’un « grand débat » formaté en one-man-show présidentiel, Macron et son gouvernement ont été rappelés à la réalité par les manifestations massives de ce week-end. Revenu en urgence de son séjour au ski, le président a tenté une nouvelle manœuvre : opposer la « foule haineuse » des Gilets jaunes aux braves écolos qui défendent le climat. Pourtant, partout en France les mobilisations ont convergé derrière des slogans contre ce gouvernement au service des grands groupes capitalistes qui exploitent les travailleurs et la nature.

La violence des riches

Quel déluge d’indignations à propos de l’incendie du Fouquet’s ! Pour cet établissement cher à leur cœur, les politiciens appellent à une action immédiate du gouvernement. Marine Le Pen propose la dissolution des groupes d’extrême gauche, Éric Ciotti l’interdiction des manifestations et Macron lui-même promet les mesures les plus énergiques – alors même que sa loi « anti-casseurs », en réalité « anti-manifestations », vient à peine d’être adoptée. Embauchez des policiers, équipez-les, donnez de nouvelles armes à cette justice de classe qui n’enferme que les pauvres. Il faut un plan d’urgence pour sauver les Champs-Élysées !

Imaginons le même empressement à propos des problèmes que les Gilets jaunes, verts ou rouges ont justement soulevés. Un plan d’urgence pour interdire les licenciements dans les grands groupes, à commencer par les 15 000 emplois que les patrons de l’automobile s’apprêtent à supprimer au prétexte de la fin du diesel, alors qu’une telle transition nécessiterait au contraire des milliers d’embauches. Pour organiser un accueil digne aux milliers de migrants qui fuient les guerres et la misère, mais meurent en Méditerranée repoussés par les garde-côtes européens. Pour les habitants des quartiers populaires ou des campagnes sinistrées qui ne peuvent plus accéder aux services publics. Mais, face à ces questions de survie pour la majorité la plus pauvre, y’a pas le feu. Macron louvoie, contourne, organise son grand bla-bla en espérant que la colère populaire passe.

Heureusement, rien n’y fait. Le président qui devait rendre sa copie samedi dernier a eu sa réponse : un regain du mouvement des Gilets jaunes qui tient bon après quatre mois de lutte et renforce sa coordination pour que tous les ronds-points, QG, assemblées ou groupes locaux puissent taper ensemble sur le même clou.

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé »

Un nouveau front s’ouvre à l’initiative des jeunes : 1 million dans le monde, dont plus de 160 000 en France, ont manifesté vendredi dernier pour dénoncer le saccage de l’environnement et l’inaction des gouvernements. Le lendemain, samedi 16 mars, des centaines de milliers sont redescendus dans la rue, dont une partie arborait fièrement un gilet jaune, contre les responsables du changement climatique.

Deux ministres de Macron se sont joints aux manifestations du vendredi, le temps de faire quelques selfies. Mais ces tentatives minables de récupération ne feront pas oublier que c’est le gouvernement qui est sur le banc des accusés. Le soir même, la majorité macroniste de l’Assemblée adoptait un amendement pour permettre aux grands groupes de la chimie de produire des pesticides dangereux jusqu’en 2025. Au-delà du symbole, c’est toute la politique de Macron qui est anti-écologiste. Parce qu’on ne peut pas concilier la protection de l’environnement et la loi du profit – et chacun sait que le président a choisi son camp.

Un petit geste pour le climat : renverser le capitalisme

Les travailleurs des grandes entreprises sont nombreux à avoir participé aux manifestations. Ce mouvement ferait un grand pas en avant s’il gagnait les lieux de travail. Par leur nombre, par leur place centrale dans la production, par la pression qu’ils peuvent exercer sur le patronat et le gouvernement grâce à la grève, les salariés des grandes entreprises publiques ou privées sont les mieux placés pour dénoncer les scandales écologiques de la production capitaliste et pour combattre l’exploitation des hommes et de la nature directement là où elle se joue. En imposant leurs vues directement au patronat et pas seulement à son mandataire Macron.

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