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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > juin > 14

Et maintenant ? Ne lâchons rien !

Le succès massif des manifestations de ce mardi 14 juin en témoigne. Cela fait plus de trois mois que la mobilisation contre la loi Travail persiste et ne lâche pas. Différents secteurs se sont mis en grève : raffineurs, éboueurs, cheminots… Parallèlement, dans différentes régions, des débrayages ou des grèves ont eu lieu dans le secteur privé sur les salaires, les conditions de travail, ou contre les restructurations et autres suppressions de postes. Il y a eu le 49-3 pour passer en force, la répression policière, la menace de réquisitions. Mais l’offensive pro-patronale du gouvernement ne passe pas. Cette manifestation du 14 juin a été l’occasion de le redire.

Hollande et Valls ont invoqué l’image de la France à l’occasion de l’Euro pour dire « il faut savoir arrêter une grève ». Mais pourquoi le gouvernement n’arrête-t-il pas de mener la politique du grand patronat ?

Si ce gouvernement sait bien faire quelque chose, c’est de soigner les riches. Le Canard Enchaîné et Mediapart ont révélé la semaine dernière comment les mesures fiscales prises par la gauche permettaient à certains des plus riches milliardaires du pays de payer zéro euros d’ISF.

Hollande et Valls ont voulu « déminer » la contestation en s’évertuant à émietter les fronts. En promettant quelques miettes à certains secteurs, ou en remettant à plus tard certains projets de réformes secondaires. Ou encore, comme face à la lutte des cheminots, en cherchant à semer la division parmi les travailleurs. Mais peine perdue. Tous les secteurs salariés étaient présents dans la rue ce mardi 14 juin.

Intox contre la grève des cheminots

En grève depuis le 1er juin (et certains depuis le 18 mai), les cheminots se battent contre la remise en cause de la réglementation de leurs conditions de travail ainsi que contre la loi Travail.

Les ministres répètent que les cheminots ne seraient pas concernés par la loi El Khomri. Il s’agit d’un sacré mensonge : car le Code du travail s’applique aussi aux cheminots, et donc la loi Travail les concerne directement. Les mêmes menteurs prétendent que l’accord proposé par la direction de la SNCF le 6 juin, répondait aux revendications des cheminots, voire au-delà. Encore un mensonge, puisque cet accord d’entreprise contient des dispositions qui sont de véritables reculs par rapport à la réglementation du travail actuelle, entre autres la possibilité de changer les horaires d’une période de travail seulement 24 heures avant.

On connaît bien ces chantages des patrons : il faudrait accepter, se féliciter même d’un accord d’entreprise défavorable, nommé « accord de compétitivité » ou autrement, sous prétexte qu’il aurait renoncé à des mesures plus agressives encore. Sans parler des licenciements qui arrivent un ou deux ans après la signature de tels accords.

Ce genre de chantage, c’est justement ce que la loi Travail permettrait d’institutionnaliser, en permettant que les accords d’entreprise contiennent des dispositions en dessous du Code du travail et des conventions collectives.

Alors les cheminots ont bien raison de rejeter à la fois la loi Travail et cet accord d’entreprise. Ils ont raison d’utiliser l’arme de la grève.

Une manifestation réussie qui doit donner un nouvel élan

Chacun sait que pour faire céder le gouvernement et obtenir le retrait de cette loi, il faudrait que la contestation soit plus forte encore. Que ceux qui sont en grève, pour certains depuis deux, trois ou quatre semaines, soient rejoints par d’autres. Ils nous disent « minoritaires ». Mais la vraie minorité, c’est la poignée de privilégiés, le grand patronat, la bourgeoisie et ses politiciens. Elle craint la force qu’auraient les travailleurs mobilisés.

Alors, les manifestations réussies du 14 juin doivent être une étape pour que le mouvement contre la loi Travail franchisse un nouveau cap, pour renforcer le monde du travail face à l’arrogance du patronat et du gouvernement. Ce printemps 2016 doit être un début.

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