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Archives > Éditos L’Étincelle > 2017 > juin > 12

En marche arrière toute !

Macron va l’avoir, son Assemblée prête à lui lécher les bottes de « marcheur » ! Depuis dimanche soir, les médias tournent en boucle sur le « scrutin historique ». Le plus historique restant encore l’abstention (51,29 %). De sorte que le « raz-de-marée » prévu de La République en marche ! à l’Assemblée nationale n’est obtenu qu’avec 6,39 millions de voix (un peu plus de 13 % des inscrits), soit 2,27 millions de voix de moins que Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Et c’est fort de ce tsunami d’opérette que Macron veut partir en marche guerrière contre les droits des travailleurs à coups d’ordonnances devant être ratifiées dès septembre.

En marche pour nous piétiner

Car, maintenant que le cirque électoral est quasiment derrière nous, les choses sérieuses commencent. Les ordonnances de Macron, c’est la loi Travail puissance dix ! D’après l’avant-goût donné par la presse :

  • S’aligner sur ce qui est « négocié » là où le rapport de forces est le plus favorable au patronat en donnant la priorité aux accords d’entreprise.
  • Faciliter encore plus les licenciements et revoir à la baisse le CDI.
  • Diminution du délai de recours aux Prud’hommes et plafonnement des indemnités pour licenciement abusif.
  • Augmenter encore les possibilités de recours aux CDD et à l’intérim.
  • Référendums lancés par le patron dans l’entreprise afin de faire passer plus facilement des « accords » sous la menace du chantage.

Et bien d’autres choses encore, dont l’augmentation déjà annoncée de la CSG de 1,7 point, qui pèsera surtout sur les retraités.

Cette guerre sociale qui nous est déclarée, le patronat la mène déjà. C’est elle qu’on mène à l’encontre des travailleurs de GM&S, sous-traitant de PSA et de Renault, pour lesquels, contrairement aux promesses gouvernementales, aucun repreneur ne s’est présenté. C’est cette guerre qui est menée partout où on supprime des postes et où on licencie : Engie, Ford, Tati, Mim, Vivarte, Whirlpool et bien d’autres… Si le gouvernement veut porter l’estocade au niveau national, c’est en espérant paralyser notre réaction devant l’ampleur de l’attaque.

Quelle réponse ? Elle se jouera dans la rue, pas à l’Assemblée

Les marchands d’illusions électorales qui prétendent incarner « l’opposition » n’ont plus grand-chose à nous proposer. Le FN n’est d’ailleurs « opposant » à rien du tout : en distillant son venin raciste, il divise notre camp social et sert le patronat.

Du côté de la France insoumise de Mélenchon, on en a vendu beaucoup, des illusions : une « majorité insoumise » à l’Assemblée, imposer la « cohabitation » à Macron et « s’économiser des kilomètres de manifestation ». Brillante analyse… Non, on ne fera pas l’économie des grèves et des manifestations, et certainement pas pour leur préférer le bulletin de vote qui – on l’a vu lors du dernier scrutin – est bien impuissant face au rouleau compresseur patronal.

Quant aux confédérations syndicales, certaines d’entre elles font mine de s’indigner devant les « fuites » de la presse concernant le contenu des ordonnances Macron, dont elles n’ont pas eu vent lors des réunions où le gouvernement les a convoquées. Sont-elles naïves au point de croire à la loyauté d’un tel gouvernement ? Une indignation très mesurée, puisque cela ne change rien au processus bidon de cette « concertation » à sens unique.

On ne négocie pas le poids de nos chaînes : on les brise. Tel doit être notre leitmotiv à nous autres travailleurs si nous ne voulons pas nous faire avaler tout cru dans la période à venir. Dans cette société, nous produisons tout, si nous entrons en lutte notre force est immense et est susceptible de renverser la table où on « discute » notre avenir qu’on nous promet des plus sombres.

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