Des grèves, mais dispersées
21 novembre 2022 Convergences Entreprises
Manifestement, la journée du 27 octobre, peu suivie, et celle du 10 novembre à la veille du pont du 11 novembre, n’ont pas de quoi inspirer la convergence des luttes. Reste que le ras-le-bol sur les conditions de travail et les bas salaires touche à peu près tous les secteurs, dans le privé comme le public. En témoignent de nombreuses grèves sur les salaires, mais très dispersées dans le pays, donc généralement invisibles au niveau national. De quoi recommander ici, par une courte présentation, quelques reportages au fil du mois d’octobre et début novembre, sur le site de Convergences révolutionnaires, qui en donnent une idée.
Domidom : dixième jour de « guerre » des auxiliaires de vie
Article en ligne du 31 octobre 2022
Les auxiliaires de vie de Domidom (filiale du groupe Orpea, environ 840 salariées dans toute la France), avaient donné de la voix toute la journée le 18 octobre, devant les bureaux de l’entreprise à Caen, puis dans le cortège de manifestants. Depuis, elles sont en grève illimitée. Le détonateur de leur colère, c’est le prix des carburants. Leur travail consiste à se déplacer au domicile de personnes âgées pour leur prodiguer des soins. Autant dire qu’elles ne comptent pas les kilomètres. « Nous ça fait dix jours qu’on est en guerre », s’exclamait une gréviste au téléphone le 31 octobre. « En grève », corrige sa voisine, qui ajoute : « beau lapsus… »…
La boulangerie industrielle Neuhauser de Reims : la force des travailleurs, c’est la grève !
Article en ligne du 30 octobre 2022
Mercredi 19 octobre, les travailleurs de la boulangerie industrielle Neuhauser sont entrés en grève pour réclamer des augmentations de salaire. Faisant partie des « entreprises essentielles » pendant la crise Covid, Neuhauser a réalisé une rentrée record de 150 millions d’euros sur une année. Tous ensemble, les travailleurs de Neuhauser ont réussi à arracher ce 27 octobre près de 1 000 euros de primes, ainsi qu’une augmentation de leurs paniers repas. Pour reprendre leurs mots, « une victoire qui en appelle à d’autres » !
18 octobre : les universités et les lycées en lutte contre la précarité
Article en ligne du 26 octobre 2022
La semaine passée a été marquée par la journée de grève et de manifestations du 18 octobre. Dans les facs et les lycées, les jeunes ont eux aussi voulu montrer leur colère. Toute la semaine, des étudiants se sont réunis en assemblée générale dans les universités pour s’organiser et discuter de la situation politique ouverte par la grève des raffineurs. Mardi 18 octobre, ce sont des centaines dans toute la France qui se sont retrouvés en manifestation, derrière leurs banderoles de fac ou d’organisation. Les lycéens, eux, se sont mobilisés dès le mardi matin devant leurs établissements, parfois pendant plusieurs jours, malgré la répression policière systématique. Si la mobilisation a eu du mal à tenir sur la durée, on a pu voir et sentir que la vie chère et toutes les mesures d’austérité prises par le gouvernement ces dernières années ont touché durement une partie de la jeunesse.
À l’usine de peinture d’avion Sabena Technics Toulouse : un premier coup de semonce contre le patron
Article en ligne du 14 octobre 2022
Sabena Technics, à Cornebarrieu, près de l’aéroport de Blagnac, est une usine de peinture d’avions. C’est un sous-traitant d’Airbus (qui lui fournit directement l’ensemble des produits nécessaires pour chaque avion !). Cette usine d’aujourd’hui 150 personnes a ouvert ses portes en 2015, avec des bâtiments et du matériel flambant neuf… Du jeudi 6 au lundi 10 octobre, la première grève dans cet établissement a été suivie par la quasi-totalité du personnel en dehors des cadres dirigeants. Le ras-le-bol couvait depuis des mois : les salaires sont très bas, bien en dessous de ceux de Satys et d’Airbus situés à proximité ; les conditions de travail se détériorent. Pour la majorité des grévistes, cette grève était leur première grève… Cette première manche de la lutte n’a pas été gagnée, mais ces jours de grève ont permis de développer la solidarité entre travailleurs des différentes équipes et des bureaux, ce qui est le meilleur gage pour les prochaines manches.
Dépôt de bus Keolis Meyer à Montlhéry : « on veut pas de ces miettes ! »
Article en ligne du
19 octobre 2022
Depuis le 13 octobre, les salariés du dépôt de bus de Keolis Meyer à Montlhéry (91) sont en grève. Le dépôt assure des lignes autour de Juvisy, Grigny, Savigny mais aussi du transport privé, notamment pour les salariés de Sanofi. Face à l’inflation généralisée et au durcissement de leurs conditions de travail, ils revendiquent des augmentations de salaire : « on a eu trois rendez-vous bidons avec le directeur, il se foutait de nous, on s’est dit qu’il fallait y aller » précisait un délégué syndical. Sur le dépôt de 240 salariés, 170 se sont mis en grève après deux ans de NAO à 0 %. La direction reste sourde aux revendications des grévistes et répond par l’intimidation : embauche d’une sécurité privée pour tenter d’intimider le piquet, appel aux pompiers plusieurs fois pour signaler un « feu » (en fait, un brasero contenu), policiers plantés toute la journée… Mais pas question de céder pour les grévistes. « On va pas attendre les NAO et on veut pas de ces miettes ! 3 % c’est quoi ? C’est ridicule, l’inflation elle est à plus de 6 % ! On continue, on a réussi à convaincre ceux de la régulation de se mettre en grève avec nous ! »
Vallée de la chimie lyonnaise : entrave au droit de grève à l’encontre des salariés d’Arkema
(Extraits du communiqué des grévistes de Pierre-Bénite, en ligne le
11 octobre 2022)
« Nous, des salariés du site Arkema Pierre-Bénite et la CGT, sommes en grève reconductible depuis le 16 septembre. Nous revendiquons 200 euros d’augmentation sur nos salaires afin de faire face à l’inflation et 6 000 euros de prime dite « Macron ». […] Certains d’entre nous ont même reçu des convocations pour se rendre au tribunal pour accusation de « grève illégale » dans deux semaines. Ras-le-bol […] Mais s’en prendre à notre droit de grève, ça dépasse les bornes ! Là, c’est très grave pour l’ensemble des salariés. C’est pourquoi nous intenterons de notre côté une action en justice et que nous poursuivrons cette lutte encore et encore. […] Soutenez notre lutte de toutes les façons. En grève, en actions, en participant à notre caisse de grève. »
À Camaïeu, les salariés licenciés ne se laissent pas faire !
Article en ligne du
10 octobre 2022
Vendredi 7 octobre, une cinquantaine de personnes se réunissent au siège de Camaïeu à Roubaix, répondant à l’appel de la CGT. Les salariés de l’entreprise, qui font partie des 2 600 personnes licenciées suite à la décision de fermer les 650 magasins, ont confectionné des pancartes qu’ils brandissent sur le piquet : « On ne joue pas au poker avec les salariés ! » Plus tôt dans la semaine, mardi 4 octobre, un certain nombre d’entre eux ont occupé le siège de la direction pour dénoncer la responsabilité des actionnaires. Aujourd’hui, le rassemblement est renforcé par une délégation de pompiers et des cheminots venus en soutien.
En tout cas, chacun est sûr d’une chose : quoiqu’en dise la direction, de l’argent, il y en a. Le patron a coulé délibérément la boîte…
Article en ligne du
3 octobre 2022
Plus de 4 300 salariés de PSA ont débrayé mercredi 28 septembre pour revendiquer de vraies augmentations de salaire et dire que la prime de 1 000 euros, proposée par la direction la veille, ce n’est vraiment pas assez. Il y a eu pas moins de 1 300 grévistes à Mulhouse, 1 100 à Sochaux, 460 à Valenciennes, 350 à Douvrin, 340 à Caen, 280 à Borny, 270 à Rennes, des dizaines à Poissy, Sept-Fons, Vesoul… et encore 700 à PSA Charleville le 29. Dans certains sites, il n’y avait jamais eu de grève. C’est la plus grande vague de débrayage à PSA depuis 33 ans… Et à l’époque, en 1989, elle ne s’était pas étendue au-delà des usines de Sochaux et Mulhouse.
Bien des choses sont remarquables dans cette mobilisation. D’abord la participation des intérimaires. Ensuite, il y a la participation des sous-traitants. La direction de PSA a donc de bonnes raisons de s’inquiéter !
Lire aussi sur notre site : « Automobile : déjà mobilisés pour les salaires ! », article du 30 septembre 2022


