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Contre l’inflation : la lutte à tout prix !

Le gouvernement et une certaine presse se félicitent de ce que les salaires auraient augmenté : + 3 % sur un an pour le salaire mensuel de base dans le secteur privé, + 3,5 % pour les fonctionnaires, + 4 % pour les pensions et prestations sociales. Sauf qu’avec une inflation qui atteint déjà 6,1 % sur un an, il s’agit plutôt d’une sacrée baisse !

Après l’électricité, le gaz, l’essence, puis l’alimentaire, la hausse des prix gagne maintenant tous les produits. Cet été, les tarifs des hôtels ont ainsi augmenté de 17 % et ceux des centres de vacances de 14 %. Avec la rentrée, c’est au tour du matériel scolaire, avec + 18 % sur les cahiers et + 20 % sur les feuilles.

Les prix augmentent, les dividendes aussi

Le gouvernement et les économistes en vue laissent entendre que les salaires seraient responsables de l’inflation. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, fait la morale à ceux qui seraient tentés de revendiquer : « tout le monde serait perdant en cas de hausses de salaire ». Mais les prix n’ont pas attendu les salaires pour décoller !

Avec ces hausses de prix, le patronat bat des records de profits. Stellantis (résultat de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler) a ainsi réalisé 8 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2022, en hausse de 34 % par rapport à 2021, alors même que les ventes ont reculé du fait de la pénurie de composants électroniques. Chez Arkema, premier groupe chimique français, les bénéfices ont carrément bondi de 58 % au premier semestre 2022 ! Aux États-Unis, l’Economic Policy Institute estime que 54 % de la hausse des prix entre fin 2020 et fin 2021 est venue alimenter les profits. La « fin de l’abondance et de l’insouciance » dont Macron nous menace n’est pas pour tout le monde. Au deuxième trimestre 2022, les grandes entreprises ont encore battu les records de dividendes versés à leurs actionnaires, en France et dans le monde.

Centimes pour les uns, milliards pour les autres

Face à l’appauvrissement du monde du travail, le gouvernement se contente de mesurettes, dont il espère surtout qu’elles désamorceront les grèves, isolées mais nombreuses. Le gouvernement voudrait nous calmer avec un chèque énergie, un prétendu bouclier tarifaire sur le gaz et électricité, une subvention de 18 et désormais 30 centimes sur les carburants. Il ajoute un chèque alimentaire de 100 euros par ménage et 50 euros par enfant pour les bénéficiaires de minima sociaux. Même pas de quoi remplir un caddie aux prix actuels ! Et ces mesures ne coûtent pas un centime à un patronat qui s’engraisse de façon indécente, au point que Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, annonce qu’il « fera les comptes en fin d’année [pour voir] ce que les grandes entreprises [auront] mis sur la table pour protéger nos compatriotes contre l’inflation ». Blabla, car il annonce de nouvelles baisses d’impôt sur les entreprises : autant de ces milliards qui finissent en dividendes.

L’urgence est à la hausse des salaires

C’est la pénurie de conducteurs de bus, de personnel soignant, de profs et d’autres, qui s’explique par la faiblesse des salaires pour des conditions de travail insoutenables. Mais pour les patrons et l’État, tant que les profits rentrent, pourquoi embaucher ? Ils vont se réveiller quand notre colère et nos réactions collectives vont sonner la fin de ces paies minables et de ces charges de travail alourdies !

Il nous faut des hausses de salaire et une vie digne, et c’est à nous tous, le monde du travail, de les imposer. Les cheminots anglais ont montré l’exemple cet été en se mettant massivement en grève, encourageant d’autres secteurs à les rejoindre (dockers, postiers, éboueurs et d’autres). Et ces luttes continuent en ce mois de septembre.

En France, des directions syndicales appellent à la mobilisation dans la santé le 22 septembre et dans tous les secteurs le 29 septembre. Ce premier avertissement doit être massif, mais surtout, discutons entre nous et organisons-nous pour frapper tous ensemble le plus fort possible.

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