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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > août > 31

C’est la rentrée, alors rentrons-leur dedans !

Pour les enfants, c’est la fin des vacances. Avec l’inflation et les salaires au plancher, il a fallu surveiller de près les dépenses estivales – pour celles et ceux qui ont pu prendre des congés et quand ces congés ont été acceptés par les patrons. Ou il a fallu se résoudre à attaquer les économies, car on mérite quand même de vivre un peu confortablement ! Mais ce n’est pas l’avis de Macron et son gouvernement au service des patrons : il n’y a qu’à voir les conditions de retour à l’école. Il n’y aura pas assez de conducteurs de car pour y amener les enfants, et pas assez de profs pour les accueillir. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans leur système ?

À la RATP aussi, il manque des conducteurs. Leur direction prétend que les temps d’attente à chaque station sont dus à des pauses allongées à cause des canicules. Elle ne manque pas d’air ! L’organisation du travail décidée par les patrons, ça ne marche pas. Ou plutôt, c’est nous qui ne marchons plus. Il n’y a aucun sens à travailler avec des horaires à rallonge pour un salaire qui se fait manger par l’inflation, alors que de l’autre côté, les riches sont toujours plus riches.

Non à la misère et à la guerre

Quand Macron annonce la « fin de l’abondance et de l’insouciance », on pense qu’il s’adresse à ses copains qui se déplacent en jet et arrosent leurs golfs. Mais non, c’est à nous qu’il demande de se serrer encore davantage la ceinture ! Aux hospitaliers qui ont enchaîné et enchainent toujours les services à cause du sous-effectif, avec des pénuries de médicaments – c’est ça l’abondance ? De telle sorte qu’un accident du quotidien peut devenir un drame.

Macron et ses amis patrons vivent-ils dans un autre monde ? Oui, mais ils connaissent très bien nos situations puisque ce sont eux qui les organisent, ou plutôt les désorganisent. Ils nous font la morale sur la « sobriété », voudraient que nous prenions encore sur notre nécessaire, mais c’est pour grossir leur budget militaire et les dividendes du CAC40, qui ne cessent de croître.

Et quoi ? Il faudrait reculer encore l’âge de départ à la retraite (mesure absurde, vu le chômage des plus de cinquante ans et des jeunes) ? Il faudrait baisser davantage encore l’indemnisation des chômeurs ? Ou conditionner le RSA à une activité, comme si on était « nantis » à moins de six cents euros par mois et comme si on était « flemmards » à refuser de travailler pour des cacahuètes ? Les stages qui existent déjà illustrent l’état d’esprit du gouvernement : il est souvent demandé aux allocataires de se déplacer plusieurs jours par semaine, avec menaces de sanction en cas de retard, mais pour arriver dans des locaux où il n’y a rien à faire. Comme pour nous habituer à obéir à des règles imbéciles mais imposées. Non merci !

Notre classe a déjà fait sa rentrée outre-Manche

Dockers, postiers, conducteurs de bus et de métro, travailleuses et travailleurs de nombreux secteurs font une grève comme il n’y en avait pas eu depuis quarante ans là-bas, malgré les lois antigrève du gouvernement anglais. Contre les 12 % d’inflation qu’ils subissent – dont seuls les salaires souffrent, car les profits, eux, sont florissants –, des salariés d’Amazon ont même lancé une grève sauvage. Ce qui nous rappelle que le droit de grève aussi a été conquis dans les luttes ! La presse et les politiciens bourgeois disent que des paresseux prennent le pays en otage. Bien au contraire, c’est le monde du travail, notre classe sociale, qui lutte contre les parasites qui lui sucent le sang.

L’exemple anglais doit nous donner confiance. Nous avons réussi en 2019 à faire reculer le gouvernement sur les retraites. Alors poursuivons en nous organisant sur les lieux de travail. Les 22 septembre dans la santé, le 29 pour tous les secteurs, des journées de grève nationale sont prévues. Mais pour qu’elles soient réussies et ne restent pas isolées, il faut les préparer dès maintenant. Indexation des salaires sur l’inflation ! Embauches massives à de meilleurs salaires. Rien n’est plus fort que des travailleurs unis et déterminés.

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