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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > septembre > 12

Face à la flambée des prix, ripostons bec et ongles pour nos salaires

Guerre, inflation, catastrophe climatique, risque de récession… Après la crise sanitaire, le capitalisme accumule les fléaux. Macron annonce désormais la « fin de l’abondance et de l’insouciance ». Chaque ministre y va de son « petit geste » pour éviter les coupures de courant cet hiver, et le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, nous invite à enfiler un pull pour baisser le chauffage. Manière toute d’arrogance de préparer l’offensive à venir contre le monde du travail !

Mais de quelle insouciance parle-t-on ? Celle des riches qui polluent la planète avec leurs jets privés ? Les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2 mondiales. Ceux-là obtiennent des dérogations pour arroser leurs golfs en pleine sècheresse ou continuer d’acheter Ferrari ou Lamborghini quand on annonce l’interdiction des voitures thermiques en Europe en 2035.

Qu’importe si la planète brûle, si les inondations meurtrières succèdent à la canicule, particulièrement désastreuses dans les pays les plus pauvres, comme actuellement au Pakistan où elles ont fait plus de 1 300 morts. En France, l’Insee estime que 14 % de la population va connaître au moins vingt journées anormalement chaudes chaque été dans les décennies à venir. Les plus pauvres en subiront les pires conséquences avec des logements mal isolés. Les mêmes qui, en hiver, doivent choisir entre se chauffer ou manger.

Centimes pour les uns, milliards pour les autres

Côté abondance, le fromage n’est pas mieux partagé. Salaires et pensions ont fondu, et cela continue, face à une inflation qui atteint déjà 6 % sur un an. Les patrons trouvent toutes les excuses du monde pour monter les prix : invasion de l’Ukraine (mais la hausse de l’énergie avait commencé bien avant !), coûts de transport, pénurie de composants, etc. La réalité est que la hausse des prix alimente directement les profits. Au deuxième trimestre 2022, les grandes entreprises ont encore battu les records de dividendes versés à leurs actionnaires. Dans l’automobile, Stellantis (résultat de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler) a augmenté ses bénéfices de 34 % au premier semestre 2022 par rapport à 2021, alors même que les ventes ont reculé.

Ce n’est qu’hypocrisie quand on entend parler de taxer les superprofits des compagnies pétrolières et du fret maritime. Jusqu’au chroniqueur au journal patronal Les Échos, qui découvrirait que cela « n’a rien d’incongru ni d’anormal a priori ». Si c’est pour accorder de nouvelles baisses d’impôt à l’ensemble des entreprises et tout juste mieux partager les profits entre patrons, la belle affaire !

L’urgence est à la hausse des salaires

La préoccupation du gouvernement est surtout d’empêcher une véritable hausse des salaires, d’éviter que le patronat ait à mettre la main à la poche ! Et c’est pour mettre toujours plus la pression sur les chômeurs, les obliger à accepter n’importe quel boulot précaire et sous payé qu’il annonce une énième réforme du chômage. Le patronat se plaint de la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie, le bâtiment, les bus, le personnel soignant… Qu’il augmente les salaires et améliore les conditions de travail !

Cette hausse des salaires indispensable face au coût de la vie, 300 ou 400 euros au moins pour rattraper leur retard par rapport aux hausses de prix, il faudra l’imposer au patronat. Les travailleurs anglais ont donné l’exemple, avec des grèves massives ces dernières semaines. En France, les grèves, nombreuses mais isolées au début de l’été, celles dans les transports en commun en cette rentrée, montrent que la colère est bien là. Il faut qu’elles se multiplient et s’unissent pour l’emporter.

Des directions syndicales appellent à la mobilisation le 29 septembre. Saisissons l’occasion pour que ce premier avertissement soit massif. Mais surtout préparons la suite : discutons entre nous et organisons-nous pour frapper tous ensemble le plus fort possible.

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