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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > juin > 3

Contre Macron et son « acte II », un nouvel acte des luttes

À peine les bureaux de vote bouclés, le gouvernement et les patrons reviennent aux choses sérieuses. Ces derniers qui, pour ne pas embarrasser le gouvernement, avaient repoussé de quelques semaines ou quelques mois les mauvaises nouvelles pour l’emploi, n’ont pas attendu 48 heures pour multiplier les annonces de fermetures de sites ou de suppressions massives de postes. Hugh Bailey – ancien conseiller de Macron à Bercy au moment de la cession d’Alstom à General Electric et devenu directeur de… General Electric France – a annoncé 1 044 suppressions de postes dans l’usine de Belfort. Une saignée qui, en dépit des dénégations de la direction, pourrait bien être le prélude à la fermeture du site. Le même jour, le repreneur de l’usine Whirpool d’Amiens, où Macron était venu parader avant l’élection présidentielle, a annoncé le redressement judiciaire de l’entreprise, faute d’activité.

Grouillots de service du patronat

On a aussitôt eu droit sur nos écrans de télévision à la visite de quelques sous-fifres ministériels venus nous servir les excuses bidon habituelles pour justifier les licenciements. Ce serait la conséquence inévitable de la nécessaire « transition écologique ». Le tout assorti de quelques mensonges, comme ceux de la sous-secrétaire d’État à l’Économie, qui promet un « plan social exemplaire » avec « un maximum de reclassements » pour l’usine de Belfort. Des licenciements exemplaires et un Pôle emploi aux petits soins, merci patron !

Quant aux salariés des entreprises déjà menacées de fermetures pure et simple comme Ascoval, Arjowiggins, les Fonderies du Poitou, on les promène depuis des mois avec d’interminables négociations en vue de trouver un « repreneur » qui, le plus souvent, s’avère être un simple sous-traitant en plan social des grands groupes…

Macron voudrait repartir à l’offensive

Du côté du gouvernement, pour lequel la pause des Européennes n’était qu’une mi-temps, on serait parti pour son « acte II ».

Ça commence par de violentes attaques contre les fonctionnaires et les salariés du secteur public : en route pour le plan de suppression de plus de 125 000 postes de fonctionnaires. Dans les hôpitaux, les centres postaux, les écoles ou à la SNCF, managers et cost-killers au service de l’État mènent l’offensive à coups de « réorganisations » constantes et d’augmentations continues de la charge de travail. Des méthodes déjà subies dans les années 2000 par les salariés d’Orange, dont les dirigeants comparaissent actuellement devant les tribunaux pour avoir provoqué, par leurs méthodes, la multiplication des arrêts-maladies, des dépressions, des burnouts et des suicides.

Au programme aussi, la mise en route de la réforme des retraites qui, par son système dit « à points », obligera à reculer encore l’âge de départ et amputera le montant des pensions.

Cerise sur le gâteau, le prix de l’électricité vient d’augmenter de 5,9 % au 1er juin. Face à la colère des Gilets jaunes, le gouvernement avait gelé cette hausse en janvier. Alors une nouvelle hausse (de 1 à 2 %) est prévue en août afin de permettre aux compagnies de récupérer les 6 mois de retard. De quoi réveiller tous les Gilets jaunes sur les ronds points des départs en vacances !

Lui couper l’herbe sous le pied

Pour les mesures anti-ouvrières qu’il avait promises au patronat, Macron voulait déjà partir sur les chapeaux de roues dès le début de son mandat. Son élan a été sacrément perturbé par l’irruption de la colère des Gilets jaunes.

Outre ce mouvement, qui est loin d’être terminé, ce sont les grèves des personnels des urgences hospitalières qui se développent. Grèves aussi dans de nombreux bureaux de poste contre les restructurations. D’autres luttes ne vont pas manquer face aux nouvelles annonces de plans de licenciements ; elles auraient tout avantage à se coordonner. Voilà le départ de ce qui pourrait mettre en échec l’« acte II » du président des patrons.

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