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Editorial L’Etincelle du 25 mars 2020

Activités « indispensables » : ceux qui comptent vraiment

Tous les soirs, à 20 heures, dans un grand nombre de rues, la population confinée se met à ses fenêtres pour applaudir les soignants. Et on en fait désormais autant avec les éboueurs applaudis à leur passage.

De la part de la population, cela exprime une véritable gratitude. Mais entendre les politiciens, les chefs d’entreprise afficher soudain leur admiration pour tous ceux qui sont « au front » dans la « guerre » contre le Covid-19, là, il y a de quoi se mettre en colère !

Les riches découvrent les invisibles

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les personnels de santé se vouent à sauver des vies, à guérir les malades, à s’efforcer d’améliorer le sort des patients ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que les employés de la grande distribution se lèvent au petit matin pour vider les camions de livraisons, ranger les stocks, garnir les rayons, tenir les caisses à l’ouverture. C’est tous les jours qu’ouvriers, bien souvent ouvrières, gèlent dans des ateliers glacés, avec des combinaisons malcommodes, pour préparer, mettre en boîte ou en barquettes ce qui va nourrir le reste de la population… Tous les jours aussi que les éboueurs et les balayeurs permettent aux autres de circuler dans des rues propres. Que « les techniciennes et techniciens de surface » nettoient les lieux de travail tôt le matin et tard le soir… Que les agents des transports permettent à chacun de rejoindre son activité.

Quelle reconnaissance ?

Et, d’habitude, comment leur manifeste-t-on de la reconnaissance pour le caractère indispensable de leur activité ? Dans la société capitaliste, la reconnaissance, c’est d’abord la rémunération… Et donc, aides-soignantes, infirmières, aides à domicile, caissières, femmes de ménage ou balayeurs sont-ils mieux considérés, et donc mieux rémunérés, que les petits malins qui fabriquent les produits financiers menaçant régulièrement de faire s’effondrer l’économie ? Sont-ils mieux payés et considérés que les inventeurs du dernier drone télécommandé depuis 5 000 km utilisé pour des assassinats ciblés ? Entre autres. Ou que ceux qui perçoivent cent fois, mille fois la rémunération d’une aide-soignante parce qu’ils sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche !

Le vrai visage de la société capitaliste

Avec cette crise sanitaire, la société capitaliste apparaît à nu. Pour ce qu’elle est : profondément, ignoblement inégalitaire.

Ceux qui la dirigent – gouvernants, mais surtout banquiers et capitaines d’industrie – se croient issus d’une race supérieure à celle du reste de l’humanité. Ils font mine de découvrir aujourd’hui combien les personnels soignants sont formidables… Et que disaient-ils ne serait-ce qu’il y a quelques mois, lorsque la grève se répandait d’un hôpital à l’autre ? Comment étaient présentés, hier encore, les « héros » qui assurent le transport public lors des grèves contre la retraite à points ?

Des comptes qui devront être réglés

L’épidémie actuelle finira. Il ne faudra alors rien oublier de la gabegie avec laquelle les gouvernants ont géré les stocks d’instruments de protection. Du cynisme avec lequel ils ont voulu envoyer les ouvriers au casse-pipe dans toutes les usines et sur tous les chantiers, même ceux qui ne présentent aucun caractère d’urgence, simplement pour que vivent les profits.

Oui, l’épidémie finira et les possédants sortiront de leurs tanières de luxe ; ils voudront se remettre aux commandes et vite oublier les louanges qu’ils ont tressées aux travailleurs.

La vérité explose sous nos yeux : c’est bien l’activité du monde du travail sur qui repose toute la société. Une société que les exploités devront remettre sur ses pieds.

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