Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 2020 > mars > 24

Contre l’état d’urgence patronal !

Le gouvernement a fait voter ce weekend son « état d’urgence sanitaire » censé permettre de gagner la « guerre » contre l’épidémie. Mais ce n’est pas cet état d’urgence qui va améliorer l’état des urgences et du service public hospitalier, alors que les morts se comptent par centaines – y compris des soignants – et les malades graves par milliers dans des hôpitaux débordés, sans oublier la situation catastrophique dans les Ehpad. C’est la santé des entreprises qui intéresse plus le gouvernement.

La stratégie du choc

Rien dans ces mesures ne permet de pallier la pénurie de masques, de tests, de lits… que dénoncent les soignants. En revanche une flopée d’annonces en faveur du patronat pour faire payer le prix du confinement aux salariés et au reste de la population. Les employeurs sont désormais libres d’imposer ou de modifier unilatéralement les RTT et jours de repos, de déroger aux réglementations sur le temps de travail ou sur le repos dominical.

Il leur suffit simplement de justifier que leurs entreprises seraient “particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale”. Une formule assez vague pour englober à peu près n’importe quel type d’activité. Ainsi Decathlon vient d’imposer à ses 23 000 salariés en France de poser tous leurs congés restants pendant la période de leur confinement… Et la porte-parole du groupe d’affirmer sans rire que cette mesure est prise pour leur “garantir 100% du salaire net” plutôt qu’un chômage partiel à 84% du salaire aux frais de l’État !

En somme, quelle que soit la solution choisie, les journées passées en confinement seront à la charge des salariés. Cerise empoisonnée sur le gâteau, ces mesures prétendument destinées à lutter contre l’épidémie ne sont pas clairement limitées dans le temps. Elles pourront apparemment s’appliquer après la fin de la crise !

Police partout

À cet état d’urgence patronal s’ajoute un durcissement croissant du confinement. Mais pas partout. Dans les lieux publiques… mais pas dans les entreprises « non nécessaires aux besoins vitaux », qui confinent d’autorité leurs ouvriers sur des lieux travail insalubres. Pas d’amendes ni de garde-à-vue contre les dirigeants d’Amazon et leurs pareils. Mais il faut voir le zèle de la police à verbaliser tous ceux qui ont le malheur de tomber sur leur chemin. Même les sans-abris n’y échappent pas. Autant de tracasseries qui épargnent les plus riches à l’abri dans leurs belles résidences secondaires ou leurs demeures spacieuses des beaux quartiers.

Le travail c’est pas la santé

La ministre du travail Muriel Pénicaud l’a répété : refuser d’aller travailler en pleine pandémie serait du “défaitisme”. Fort de cet appui gouvernemental, les patrons se permettent tous les coups de pression contre les travailleurs qui cherchent à exercer leur droit de retrait, comme à la Poste où de très nombreux facteurs ont à juste titre refusé de reprendre le travail. Alors, quand le bâton est inefficace, on sort quelques maigres carottes. On promet aux conducteurs de bus de la RATP la fin de la vente des tickets ou l’isolement de la cabine du conducteur. Mais de là à parler d’authentique et sérieuse mesures de désinfection, il y a un monde !

Et comment croire qu’il soit possible d’appliquer dans les usines – qui continuent de tourner dans des secteurs aussi importants pour la santé que l’automobile ou l’aéronautique ! – les fameux gestes barrières ? Même quand les chefs dotent les ouvriers de masques FFP2 et de gants, alors qu’ils font défaut dans les hôpitaux, leur effet est immédiatement annulé par la promiscuité dans les vestiaires ou dans les transports en commun.

Toutes les trompettes de l’union sacrée cherchent à nous étourdir pour nous faire oublier l’irresponsabilité du gouvernement et du patronat. L’ordonnance que les travailleurs doivent leur prescrire commence à être très chargée… Nous ne paierons leur indigence ni de notre travail, ni de notre santé.

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article