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Archives > Éditos L’Étincelle > 2000 > mars > 6

Certificat médical de complaisance pour le « serial killer » Pinochet !

La médecine libérale s’est surtout révélée libérable pour l’ex-dictateur chilien Pinochet. Après plus d’un an de rebondissements judiciaires, l’auteur du coup d’Etat militaire de 1973, responsable de milliers de morts, torturés, disparus, parmi les opposants, a pu finalement rentrer chez lui.

Il était pourtant question de le juger. Au nom de familles des victimes, un magistrat de Madrid avait saisi l’occasion d’un voyage de Pinochet en Angleterre pour demander à cette fin son extradition vers l’Espagne. C’est ce que le gouvernement travailliste de Tony Blair vient de refuser. Certificat médical à l’appui !

Pinochet sénile, amnésique ? Les gouvernements français, belge, espagnol et suisse ont demandé une contre-expertise médicale tellement la ficelle était grosse. Ladite contre-expertise a été apportée par le dictateur lui-même qui, à sa descente d’avion au Chili, d’un pas assuré et sourire triomphant aux lèvres, s’est levé de son fauteuil roulant pour aller à la rencontre de ses partisans gradés. Et tous les dirigeants politiques européens « regrettant » ou « déplorant » la sinistre farce, de néanmoins respecter la décision britannique. Ne faut-il pas préserver les bonnes relations économiques avec l’Amérique latine ? Et surtout les bonnes relations avec les Etats-Unis ? Même si nul n’ignore que le gouvernement et les multinationales U.S. ont trempé, par CIA interposée, dans le coup d’Etat qui avait renversé le régime du socialiste Allende. Parce que la mobilisation ouvrière et populaire de l’époque inquiétait la bourgeoisie américaine tout autant que la bourgeoisie chilienne.

Certains assurent aujourd’hui aux familles des victimes que Pinochet sera jugé dans son pays. Il est permis d’en douter quand on voit comment le nouveau dirigeant socialiste Ricardo Lagos est aussi servile à l’égard de l’armée qui reste majoritairement favorable à Pinochet, qu’Allende et son régime l’avaient été envers la même clique à l’époque, même si Allende l’a payé de sa vie et surtout l’a fait payer aux millions de d’autres qui lui avaient fait confiance. Il est bien significatif, aujourd’hui, que le nouveau dirigeant chilien ait fait envoyer la police contre des manifestants qui réclamaient que justice soit faite.

L’assassin et le tortionnaire avéré Pinochet est donc libre. Deux jours avant, un condamné américain à la peine capitale n’a pas pu échapper à l’exécution. Odell Barnes avait pourtant clamé son innocence et une multitude de personnalités avaient intercédé en sa faveur – dont Jospin et Chirac. C’est le dixième meurtre légal depuis le début de l’année au Texas, dont George Bush Junior, fils de président, attend un bonus dans sa course à l’élection présidentielle. Le 122e depuis 1995 dans ce même Texas ! La machine à tuer de la grande démocratie américaine marche à flux tendu à l’ère de la croissance et depuis que la peine de mort a été rétablie en 1976. 85 personnes ont été ainsi exécutées alors que la preuve a été donnée ensuite qu’elles étaient innocentes.

Un autre condamné qui est depuis 18 ans dans les couloirs de la mort de l’Etat de Pennsylvanie (dont le gouverneur cherche aussi un bonus électoral), est directement menacé aujourd’hui. Il s’agit de Mumia Abu Jamal, ancien militant du mouvement noir à Philadelphie contre lequel les autorités américaines ont organisé une parodie de procès.

Clémence pour les dictateurs-tortionnaires, vengeance barbare contre les opprimés et leurs défenseurs, non décidément, leur démocratie n’est pas la nôtre et il faut nous faire entendre.

Il faut que le très large courant d’opinion qui s’est déjà exprimé en faveur de Mumia Abu Jamal l’en sorte vivant.

Une manifestation pour la défense de Mumia Abu Jamal et plus largement pour l’abolition de la peine de mort est appelée par la plupart des organisations politiques de gauche et d’extrême gauche, les syndicats, les associations humanitaires, ce samedi 11 mars à 14 heures 30, place de la République à Paris.

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