Bas salaires et retraites de misère pour les travailleurs, mais explosion des dividendes pour les actionnaires
28 janvier 2023 Convergences Politique
D’un côté, le monde de Macron produit des millionnaires (en France ils sont quelque 2,8 millions aujourd’hui). De l’autre, la pauvreté explose. Les Restos du cœur, qui ont traversé les gouvernements de gauche et de droite, servaient à leurs débuts 8 millions de repas par an : on en est à 142 millions en 2022. Sur les 65 millions d’habitants du pays, plus de 9 millions vivent sous le seuil de pauvreté.
Nous, les 30 millions de salariés (88 % de la population active) n’avons que nos bras à louer, de l’agent d’entretien à l’ingénieur, à la campagne comme à la ville. Une majorité qui produit tout, subvient à toutes les nécessités sociales – on l’a bien vu pendant le premier confinement – et qui pourtant rame de plus en plus pour vivre. Quand on ne nous jette pas au chômage ! C’est tout cela qui doit cesser !
La hausse des prix pèse d’abord sur les classes populaires !
Les prix flambent. La vie quotidienne devient de plus en plus difficile et les cantines scolaires inabordables pour bien des familles. Se chauffer est un luxe. Et ne parlons pas des carburants : avec la fin des « aides » gouvernementales sur le prix à la pompe, c’est à se demander si ça vaut la peine d’aller au travail quand on a de longs trajets.
La hausse dans les supermarchés des produits « premier prix » est de 14 % sur un an, selon les relevés de France Info. On est loin des 7 % avancés par le gouvernement qui ne sont qu’une moyenne sur tous les prix. Car les produits de base pèsent bien plus lourd dans le budget des classes populaires. Cela représente au bas mot entre 100 et 150 euros par mois !
La guerre d’Ukraine a bon dos ! Comment se fait-il alors que les profits d’Engie, davantage encore ceux de Total, aient explosé ?
La nouvelle réforme des retraites conduira, en plus du recul de l’âge de départ, à une nouvelle baisse du montant des retraites réelles, pour tous ceux qui n’auront pas leurs annuités, qui finiront par des années de chômage ou d’emplois précaires en attendant l’âge fatidique des 64 ans (voire 67 pour éviter la « décote »). Une réforme qui s’ajoute à la baisse des allocations chômage déjà mise en place.
Dans tous les secteurs, les grèves pour l’augmentation des salaires se sont multipliées ces derniers mois : dans les raffineries, les industries chimiques, pharmaceutiques, automobiles et chez des dizaines de leurs sous-traitants ; dans les transports en commun, ateliers du métro parisien ou chez les chauffeurs de bus, etc. Jusqu’à Noël où, à la SNCF, la « trêve des confiseurs » a surtout rimé avec « grève des contrôleurs ».
C’est cette colère, ajoutée au refus unanime des nouvelles attaques contre les retraites qui pourra faire reculer le gouvernement.
Une bourgeoisie qui s’enrichit, des travailleurs qui s’appauvrissent
Depuis 1980, la bourgeoisie française maintient, avec son État, une politique de salaires très bas. Quelle que soit sa qualification, un ouvrier, une employée sont embauchés au Smic. Infirmières, parfois même jeunes médecins ou jeunes ingénieurs sont souvent sous-payés, en dessous de 1 500 euros. Sans oublier toutes les travailleuses et travailleurs précaires, comme les aides à domicile, aux indispensables compétences humaines, ne disposant même pas du Smic. Ponctionner les travailleurs pour arroser les actionnaires est le principal savoir-faire des gouvernements.
Hausses : la bombe à retardement des charges locatives
Pour l’instant, ce sont les hausses des prix alimentaires, du gaz, de l’électricité et les prix à la pompe qui tirent l’inflation vers le haut. Le gouvernement a certes limité l’augmentation des loyers à un maximum de 3,5% et à 15 % celle de l’énergie (en janvier pour le gaz, février pour l’électricité). Mais les tarifs dits « réglementés » (encadrés par l’État) ne s’imposent pas aux syndics de copropriété ni aux bailleurs sociaux !
Les mesures du gouvernement ne compenseront donc pas les hausses du prix du gaz, ce qui risque de provoquer une explosion du montant des charges locatives.
Cela va concerner trois millions de familles pour les HLM, six millions si on inclut les copropriétaires : selon l’Union des organismes HLM, la moitié des bailleurs va renouveler ses contrats cette année, s’exposant aux prix du marché. Les associations caritatives soulignent déjà l’explosion des expulsions locatives depuis 2021 et rien ne semble les contredire pour 2023.
Mots-clés : Retraites


