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Allemagne : une grosse addition pour un petit virus… qui va payer ?

17 mai 2020 Article Monde

De part et d’autre du Rhin, les problèmes auxquels sont confrontées les classes populaires ne sont pas bien différents, comme en témoigne l’éditorial de bulletins d’entreprise que publient à la Deutsche Bahn, dans le milieu hospitalier et dans la métallurgie, nos camarades du RSO (Revolutionär Sozialistische Organisation).

Cette semaine, les mesures de déconfinement se multiplient. Ce sont surtout les entreprises qui redémarrent. Les trains et les quais se remplissent. Respecter les distances devient de plus en plus difficile. Mais quand il faut aller travailler, on n’a pas le choix. Donc on met un masque, même s’il y a peu de temps encore, on nous disait que ça ne servait à rien et qu’il était même parfois interdit d’en porter. Et au travail, pour protéger notre santé ? Beaucoup de promesses, mais quand il faut prendre des mesures dignes de ce nom, c’est autre chose… Le scandale des abattoirs est un exemple parmi d’autres de l’attitude irresponsable des dirigeants quand la vie des salariés est en jeu.

Pour ce qui concerne les restrictions en matière de loisirs et congés, en revanche – sans parler du droit de manifester –, le déconfinement est lent. Avec la menace, toujours, qu’un terme pourrait être rapidement mis à ces moments de plaisir. Le maire de Berlin annonce déjà des interventions de police plus musclées à l’avenir.

Angela Merkel sermonne aussi sur un retour possible aux mesures de confinement, « parce que nous voulons tout trop vite ». Bien sûr, en disant cela, elle n’évoque pas l’économie dont les représentants, eux, en veulent vraiment beaucoup. Depuis le début de la pandémie, ils font pression en coulisses, exigeant le plus de mesures possibles (et de l’argent) pour ouvrir rapidement les entreprises. Et les politiciens sont à leur écoute permanente, tandis qu’on nous demande, à nous travailleurs, d’être patients et responsables. Et si nous décidions d’inverser l’ordre et les priorités du déconfinement ?

Les mauvaises nouvelles se propagent comme un virus

Le chômage partiel explose, les annonces de fermetures d’entreprises et de licenciements sont de plus en plus fréquentes, c’est précisément 100 milliards d’impôts qui manqueraient à la République fédérale allemande, 6 milliards pour Berlin seulement. Les caisses d’assurance maladie se joignent au chœur des lamentations. Quand des entreprises – et surtout les plus grandes – mettent 10 millions de salariés au chômage partiel et, juste avant, font changer la loi pour n’avoir vraiment plus rien à payer, il est clair que moins d’argent rentre dans les caisses de sécurité sociale. Et c’est l’État qui paye les salaires du chômage partiel, un cadeau de millions d’euros à ces entreprises !

D’un côté, des centaines de milliards ont été distribués à l’économie – et ça continue, sans compter des dépenses de l’État pour renforcer le système de santé face au virus –, de l’autre les caisses publiques se vident. Un problème, évidemment !

Pourtant, les milliards et les profits ne manquent pas

Malgré la crise, un bon nombre de grandes entreprises ont pourtant leurs caisses bien remplies. BMW, Daimler et Volkswagen disposeraient d’un matelas de bénéfices non distribués de 180 milliards d’euros. Les fleurons de l’industrie veulent verser des dividendes ; les actionnaires de Volkswagen espèrent se partager 3,4 milliards. Ces dernières années, la Lufthansa a fait des milliards de bénéfices et les chiffres explosent chez Amazon, chez les grandes chaînes de supermarchés, mais aussi chez Vonovia, géant du logement. Selon la revue en ligne Telepolis, les milliardaires de la planète ont largement profité. Ceux des États-Unis auraient vu leur fortune croître de 282 milliards de dollars en un mois. Surveillons les performances réalisées en Allemagne !

Mais VW and Co n’ont pas froid aux yeux et réclament de l’argent à l’État à la fois pour le chômage partiel, pour la pratique de primes à l’achat et pour des dégrèvements fiscaux… À ces sociétés milliardaires, pourtant, de payer !

Combattre le virus du capitalisme, autant que le corona !

Les leaders politiques et économiques préparent au monde du travail, dont les indépendants et les petits entrepreneurs, à tous ceux qui vivent de leur travail, une addition lourde à payer. C’est ce qu’il y a derrière le blabla du « nous devrions, tous ensemble »… en respectant la distance sociale de 1,5 m, bien sûr !

Les incohérences dans les règles de déconfinement suscitent la colère. Les perspectives financières angoissent. Certains rejoignent des manifestations qui comptent, à leur tête, de plus en plus d’éléments d’extrême droite. Comme à chaque crise, ces individus sortent de leur trou. Bien sûr, ils n’ont rien contre le capitalisme et n’apportent pas de réponse aux dangers qui menacent la classe ouvrière. Car ces menaces ne sont pas seulement d’ordre sanitaire. On nous parle déjà de mesures d’austérité. Les multinationales exigent d’allonger le temps de travail, de forcer sur la flexibilité, en brandissant la menace du chômage. Il faudra bien sûr s’y opposer.

Quelles mesures la classe ouvrière doit-elle mettre en avant ? À coup sûr la réduction du temps de travail sans perte de salaire, l’amélioration des services publics et l’interdiction des licenciements.

Le 14 mai 2020

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