Après les paysans afghans, le peuple palestinien ?
17 décembre 2001 Éditorial des bulletins L’Étincelle
La lutte contre Ben Laden a bon dos. Après avoir bombardé massivement l’Afghanistan et truffé de mines les champs des paysans, voilà le gouvernement américain qui soutient la sale guerre de Sharon contre les Palestiniens confinés dans la misère au sein de véritables bantoustans. Pas étonnant que certains, acculés au désespoir, soient candidats aux attentats suicide. Face à des jeunes qui leur lancent des pierres, les chars ripostent par des tirs de mitrailleuses. Enterrés, les chiffons de papier promettant la paix signés lors des conférences internationales.
L’hystérie militariste d’un Sharon n’est pas nouvelle. Mais cette fois, il a reçu la caution et les encouragements de Bush. Quant aux chefs d’Etat européens, ils émettent discrètement des réserves hypocrites, mais sont totalement solidaires de la politique américaine et israélienne.
En apportant sa caution aux bombardements anti-palestiniens, Bush dit clairement aux peuples des pays pauvres du monde : « à qui le tour ? » Tous ceux qui voudraient se révolter n’ont qu’à bien se tenir, ils savent désormais à quoi s’attendre. Après l’Afghanistan, la Palestine. Et après la Palestine ? L’Irak, le Soudan, la Somalie… ? Avec à chaque fois, comme principales victimes, non pas les dictateurs mais les populations civiles parmi les plus pauvres du monde. C’est ce qui s’appelle le terrorisme de grande puissance, à échelle planétaire.
Quant à Sharon, le premier ministre israélien, qui compte bien sur le soutien des grandes puissances, il utilise les méthodes et le langage des tenants de l’apartheid contre la population palestinienne, quitte à ce que le peuple israélien devienne définitivement prisonnier de la haine que ses dirigeants ont semé dans la région. Et comment le peuple palestinien, lui qui vit depuis près de cinquante ans dans des camps de réfugiés, pourrait-il accepter cette situation ?
Ne soyons pas complices de la politique des puissants de ce monde. Soyons solidaires des opprimés.
Apportons notre soutien aux Palestiniens, contre l’escalade guerrière dont ils sont victimes, et participons nombreux à la manifestation du mercredi 19 décembre à 18 h 30 place de la Convention à Paris.

