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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > avril > 22

Vivement l’incendie… social !

Lundi 15 avril, Macron s’est fait chiper la vedette par l’incendie de Notre-Dame de Paris. Toutes les chaînes de télévision se sont mises à couvrir en direct un événement autrement plus spectaculaire que le discours de clôture du grand blabla…

Le lendemain, les principales annonces de ce discours fuitaient dans la presse. Des mesurettes sociales, comme la réindexation des petites retraites sur l’inflation (pas de quoi sortir les retraités pauvres de la misère…), des gadgets démagogiques comme la suppression de l’ENA (que certains suggèrent de remplacer par un institut nommé ISF, des fois qu’on confondrait avec l’impôt sur la fortune…), mais rien de sérieux pour les millions de travailleurs, de chômeurs ou de retraités dont les fins de mois commencent le 20, le 15, voire avant. À part une petite provocation sur l’air de « il faudra travailler plus » !

Il pleut du pognon

Entre-temps, les plus grandes fortunes se livraient une nouvelle compétition : qui verserait le plus de fric pour Notre-Dame. Arnault, Pinault, Bettencourt et consorts, ces habitués des paradis fiscaux avaient-ils décidé de payer enfin des impôts ? Un de leurs larbins, l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, plaidait aussitôt pour une défiscalisation à 90 %. Autant dire donner avec l’argent public. Devant le scandale, les « généreux donateurs » ont dû s’engager à refuser la défiscalisation. Il n’empêche, tout le monde a vu la facilité avec laquelle on peut débloquer un milliard en 24 heures.

Politiciens en embuscade

De son côté, Macron a tenté d’utiliser la vieille ficelle de l’unité nationale. Silence dans les rangs pendant que le Président lance le deuil national d’un monument millénaire. Pour un peu, il aurait fallu que les Gilets jaunes s’arrêtent de manifester. Mais l’indécente pluie de centaines de millions a encore renforcé leur détermination.

Quant à la cathédrale « millénaire », certains ont dégonflé le baratin nationaliste. Au 19e siècle, l’architecte Viollet-le-Duc a largement remanié Notre-Dame, loin des plans originaux, selon sa propre conception de ce que devait être une église médiévale. La flèche qui s’est effondrée avait moins de 200 ans. Le Moyen Âge n’est plus ce qu’il était…

Pour autant, il serait normal de mettre de l’argent dans le patrimoine historique. Or, là comme dans les autres services publics, c’est la baisse continue des budgets. Selon un responsable de l’Institut national du patrimoine, la première cause de l’incendie est « le manque d’un réel entretien et d’une attention au quotidien ». Et Notre-Dame n’est pas une exception. Combien d’églises de village et autres joyaux architecturaux sont laissés à l’abandon ? Selon Le Canard Enchaîné, le château de Macquinghem, dans le Pas-de-Calais, tombe en ruines. Si des associations n’avaient pas alerté les services de l’État, une partie de l’ameublement aurait été vendue aux enchères cette semaine en toute discrétion.

Pas de charité, mais le retour des richesses à ceux et celles qui les produisent

Dans notre société riche à milliards, les moyens existent pour satisfaire tous les besoins. Non seulement ceux, élémentaires, tels qu’une alimentation saine, un logement décent, mais aussi les besoins humains qu’on dit à tort superflus mais vitaux, tels qu’un beau paysage, une visite de musée et toutes les pratiques scientifiques et artistiques.

« Faut-il que les SDF s’enflamment pour qu’on leur vienne en aide ? » s’est énervé le prêtre en perfecto Guy Gilbert. On le comprend. Depuis que l’ISF a été supprimé, les dons défiscalisés aux associations caritatives se sont effondrés. La générosité des riches est une blague, dans tous les domaines, y compris en ce qui concerne l’art et l’histoire.

Alors il ne s’agit pas de trouver le bon moyen de les inciter, en flattant leur ego, à reverser quelques miettes. Il s’agit de leur faire cracher les milliards qu’ils nous volent tous les jours, notamment par l’exploitation au travail. Et pour cela, il faudra un autre genre d’incendie qui se propage à toute la société. Bref, une révolution.

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