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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > février > 7

Une société qui craque : imposons l’urgence anticapitaliste

Avec ses 500 parrainages, Emmanuel Macron est déjà qualifié avant même d’être officiellement candidat, en campagne gratuitement sans avoir à faire de bilan. La gauche, elle, additionne ses candidats, mais en se soustrayant depuis bien longtemps à la critique de sa base populaire. La droite, avec Pécresse, se sent revivre avec des recettes qui n’ont jamais profité aux milieux populaires. Et, en embuscade, l’extrême droite se clone, mais tout en donnant le ton de la campagne, promettant une régression sociale aux airs de guerre civile.

On est quand même très loin des préoccupations quotidiennes des classes populaires, cernés que nous sommes par le prix de l’essence, les loyers inaccessibles, les salaires gelés, les droits sociaux massacrés – et la matraque garantie quand nous osons lever la tête.

Une société qui marche sur la tête

À écouter ou lire les informations, le gouvernement a réussi à relancer l’économie. De quoi, ou plutôt de qui parle-t-on au juste ? Selon le Crédit suisse, la France, avec près de deux millions de millionnaires, se situe au quatrième rang mondial. Les 10 % les plus aisés concentrent près de 60 % de la richesse totale. De l’autre côté, d’après la Fondation Abbé-Pierre, 300 000 personnes sont sans logement, 4 millions non ou mal logées et 14 millions fragilisées par la crise du logement. L’association Familles rurales, elle, calcule que les produits frais ont augmenté de 9 %, atteignant des niveaux inaccessibles pour les familles les plus modestes. Et sont dénoncées au grand jour la façon dont les Ehpad privés transforment en profits prodigieux la dépendance des anciens traités de façon honteuse dans leurs murs.

Les millionnaires ont de quoi apprécier le bilan de Macron ! Mais aussi celui de la gauche gestionnaire et de la droite qui se sont succédé aux affaires depuis trois décennies et dont la politique de Macron est l’expression la plus achevée.

Leur gauche de gouvernement, et le camp des travailleurs

Face aux mensonges grossiers de Macron sur les miracles qu’il aurait accomplis, face aux discours sécuritaires de la droite et à la quête de boucs émissaires de l’extrême droite, à gauche, on agite le chiffon rouge d’un second tour entre Macron et Zemmour ou Le Pen. Il faudrait tout faire pour qu’un candidat de gauche soit présent au second tour face à Macron.

La gauche institutionnelle est mal en point ? Mais Hidalgo est plombée par le triste bilan de ceux qui l’ont précédée ! Jadot ne propose rien qui concerne directement les classes populaires et multiplie les discours sur la catastrophe écologique annoncée, forcément creux puisqu’il ne remet jamais en cause le système capitaliste qui en est responsable.

L’Union populaire de Mélenchon serait-elle la solution ? À en croire le principal intéressé, il serait le seul à gauche à pouvoir se qualifier pour le second tour. Un pari politique très loin d’être acquis ! Mais cela changerait-il quelque chose ? Car cette gauche qui se prétend radicale n’a pas rompu avec les expériences d’un passé qui a échoué. Mélenchon, ancien ministre de Jospin, se réclame de Mitterrand, celui-là même qui, le premier, a bloqué les salaires quand l’inflation était importante, inaugurant une série de reculs parfois négociés avec les organisations syndicales, toujours imposés aux travailleurs.

L’Union populaire de Mélenchon ne prépare pas le monde du travail à l’indispensable lutte que les travailleurs devront engager pour sortir la société d’un capitalisme mortifère : elle veut seulement le cantonner dans la protestation électorale. Mais la pauvreté, l’exploitation et la misère ne se combattent pas avec des discours : nous n’aurons que ce que nous prendrons.

Philippe Poutou, le candidat de notre camp social, le candidat des luttes

Alors, c’est quoi le vote utile ? Eh bien, celui qui fera passer ce message aux riches et aux politiciens qui les servent. Un score conséquent d’un candidat comme Philippe Poutou, même sans qu’il soit élu, forcerait les classes dirigeantes et leur représentant à l’Élysée à s’inquiéter de la colère ouvrière qui se serait ainsi exprimée dans les urnes. Par crainte qu’elle s’exprime dans les usines et dans la rue.

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