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Une première manifestation à Strasbourg, le 14 juillet, contre les provocations de Macron

18 juillet 2021 Article Politique

Le dernier discours de Macron n’a pas dérogé à la méthode utilisée depuis le début de la pandémie ! Après une entame pleine d’auto-satisfaction vantant sa gestion de la crise, alors même que nous comptons plus de 111 000 morts du Covid, une fois de plus, le voilà qui fait volte-face ! Le 27 décembre 2020, Macron promettait : « Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire », pour faire dire aujourd’hui par la bouche de son ministre de la Santé, Olivier Véran : « Si vous êtes soignant et que vous n’êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus exercer et vous ne serez plus payé. » Ceux que le gouvernement faisait mine de porter aux nues en 2020, les « héros » de la première ligne, sont maintenant montrés du doigt et menacés de perdre leur boulot s’ils ne sont pas vaccinés ! Mais ce ne sont pas les seuls, car la liste des coups de bâton se poursuit à chaque phrase de l’allocution de Macron : mise en application au 1er octobre prochain de la réforme de l’assurance chômage, synonyme de baisse des allocations, et cerise sur le gâteau : la relance de la réforme des retraites… quand l’épidémie sera maîtrisée !

Et que fait Macron pour accélérer la vaccination à l’échelle mondiale ?

Certes la vaccination est un enjeu décisif pour sortir de cette pandémie, mais les menaces et les sanctions brandies par Macron sont le comble de l’hypocrisie ! Alors même que l’épidémie connaît un nouveau rebond en Afrique et en Amérique latine, rien n’est fait pour accélérer la vaccination à l’échelle mondiale, pourtant nécessaire pour assurer l’immunité collective, et de ce fait, sauver des vies et réduire les catastrophes sociales accélérées par la gestion capitaliste de cette pandémie. Le vaccin reste aujourd’hui le privilège des pays riches ! Et les belles leçons sur la « solidarité » que ne cessent de donner Macron et son gouvernement, cachent, une fois de plus, leur irresponsabilité et leur mépris pour la santé des travailleurs. Alors la seule manière de convaincre, de permettre à tous d’avoir accès au vaccin et d’éviter la répétition de « vagues » de plus en plus contagieuses, est d’imposer à tous ceux qui gouvernent le monde, la levée des brevets et la réquisition des entreprises pharmaceutiques. C’est évidemment l’exact contraire des mesures annoncées par Macron dans son discours du 12 juillet, discours teinté de son mépris, devenu habituel, à l’égard du peuple « ignorant », des « gens de rien », des « illettrés », comme il les appelle.

Alors pas étonnant, que dès la fin de ce discours, des appels à manifester se mettent à fleurir sur les réseaux sociaux, exprimant colère et ras-le-bol, parfois dans une certaine confusion.

Strasbourg, les blouses blanches en colère

À Strasbourg, le premier événement appelant à une manifestation le 14 juillet, apparaît sur la page Facebook « Les blouses blanches en colère ». En quelques heures, il compte déjà plus de 500 inscrits. Surprise, voilà que l’événement est indiqué, dès le lendemain, « annulé », sur les réseaux sociaux ! Pas étonnant, puisque la préfecture avait fait décrocher les téléphones pour faire pression sur ceux qui avaient lancé l’initiative. Qu’à cela ne tienne, en très peu de temps, un groupe se forme sur un autre réseau social, à l’initiative de plusieurs Gilets jaunes (mais pas seulement), et appelle, de post à post, de message à message, à maintenir le rassemblement sur la place principale du centre-ville de Strasbourg.

Mercredi 14 juillet, ce sont près de 400 personnes qui sont déjà rassemblées en début d’après-midi.

Les vraies raisons de la colère

Les Gilets jaunes du groupe de Strasbourg lancent alors les prises de parole. Une d’entre eux lit une intervention écrite collectivement le matin même. Elle dénonce l’application de la réforme du chômage, le retour de la réforme des retraites : « Avec la collaboration du patronat, ce gouvernement est en train de mettre en place le schéma rêvé du capitalisme : des chômeurs de plus en plus nombreux et de moins en moins rémunérés, des travailleurs de plus en plus précaires, sous-payés et corvéables à merci. Est-ce vraiment dans ce monde que nous voulons vivre ? »

Puis s’attaque à la politique de destruction de l’hôpital qui se poursuit depuis des décennies : « Le gouvernement nous dit que nous sommes en état d’urgence sanitaire. Pourtant, on continue de supprimer des lits d’hôpitaux, de casser et privatiser le service public hospitalier. En 2021, les 40 milliardaires français ont doublé leurs profits et les actionnaires ont fait des bénéfices records. Et il n’y aurait plus d’argent dans les caisses pour la santé ? » Le ton est donné et toute la place applaudit aux derniers mots de l’intervention : « On ne vous laissera pas faire, Monsieur le Président : vous êtes en guerre ? Nous aussi nous sommes en guerre ! Et on ne lâchera rien ! Cassons ce système avant qu’il ne nous fasse la peau ! » La place continue de se remplir au rythme des interventions. On remarque vite des blouses blanches qui applaudissent à l’intervention d’une aide-soignante rappelant comment, au début de l’épidémie, il a fallu se battre pour avoir des masques, découper des sacs poubelle pour faire des surblouses, et comment maintenant elle se sent montrée du doigt comme responsable de la propagation de l’épidémie !

Les anti-vax minoritaires

Après presque une heure de prises de parole, la manifestation est lancée, sans parcours officiel et ne cesse de s’étoffer pour atteindre les 1500 personnes au plus fort. Et elle est vraiment loin de n’être composée que d’« antivax flirtant avec l’extrême droite » ! Certes ils sont bien présents, leurs pancartes aussi, mais globalement minoritaires. Le gros de la manifestation est très divers : des soignantes et des aides à domicile (certaines même venues du Haut-Rhin), quelques jeunes habitués des manifs Sécurité globale, quelques syndicalistes venus sans gilet, une grosse partie des Gilets jaunes de la première heure venus de l’ensemble de l’Alsace, des ouvriers d’industrie, des salariés de la foire de Strasbourg, etc.

Certes les slogans du type « liberté » sont très présents, certes on entend La Marseillaise par endroit, comme au début des Gilets jaunes… Mais ce que les présents mettent derrière ces mots est très divers. D’autres slogans émergent d’ailleurs : « Pas de piqûre, pas d’emploi, chantage d’État », ou encore « Non, non, non à l’obligation, Oui, oui, oui aux services publics, Du fric, du fric, pour l’hôpital public ». Et ce que beaucoup disent, c’est un refus du pass sanitaire, un refus de conditionner un boulot à un vaccin. Certains se revendiquent d’ailleurs clairement vaccinés, mais ne veulent pas de cette méthode pour élargir la vaccination pourtant nécessaire à l’éradication de l’épidémie. D’autres ne sont pas vaccinés et font part de leurs doutes : comment faire confiance à ce gouvernement qui dit tout et son contraire depuis le début de la crise sanitaire ? N’est-ce pas un scandale sanitaire de plus, on en a déjà vu dans cette société où c’est le profit qui est le principal guide des industries pharmaceutiques ?

Le cortège déambule dans les rues du centre-ville, multipliant les arrêts qui sont l’occasion de nouvelles prises de parole. Une camarade du NPA très impliquée dans le mouvement des Gilets jaunes de l’Est fait alors une intervention en mettant en avant que l’obligation devrait être du côté du gouvernement : « Ce qu’il faut, c’est obliger le gouvernement à embaucher massivement et à donner des moyens pour la santé, à retirer les réformes de l’assurance chômage, des retraites, à interdire les licenciements (les applaudissements grandissent alors !) […] Et en ce qui concerne la liberté, est-ce que nous en avions beaucoup plus avant le pass sanitaire ? Pour que nous l’ayons réellement, il faudra prendre nous-mêmes nos affaires en main, prendre le pouvoir à ceux qui l’ont, le gouvernement et les capitalistes ! » L’intervention est globalement très bien reçue, le cortège poursuit sa route et la manifestation se termine après deux heures de marche et d’échanges, et un rendez-vous donné pour le samedi 17 juillet. L’événement Facebook « Non au pass sanitaire et à la réforme des retraites » est alors créé dans la foulée sur la base de l’intervention initiale des Gilets jaunes de Strasbourg. L’enjeu est bien là, car il est évident que si les manifestations se poursuivent, il faudra y combattre pied à pied toutes les confusions, qui sont le véritable fonds de commerce actuel de l’extrême droite tentant partout où elle le peut d’utiliser la contestation comme marchepied et terrain de propagande !

Claude Kirch

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