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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > août > 15

Le gouvernement cumule les heures de vol au service du patronat

Le gouvernement ne marque pas de trêve estivale dans ses attaques contre les travailleurs. Non content d’avoir fait passer en force la loi Travail à l’Assemblée le 21 juillet, il a encore frappé, le 8 août, en autorisant le licenciement d’un salarié délégué CGT d’Air France, mis en cause dans l’épisode de la chemise arrachée. Et ce contre l’avis de l’inspection du travail qui a considéré ce licenciement injustifié. Cette décision scandaleuse, destinée à intimider tous les salariés d’Air France et au-delà, est dans la droite ligne de la politique répressive du gouvernement contre tous les travailleurs, qui s’est illustrée notamment pendant le mouvement contre la loi Travail.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri a donc autorisé Air France à licencier sans aucune preuve un délégué des ateliers de maintenance de Roissy, donnant ainsi raison à la direction qui avait déjà licencié 4 autres salariés pour faute lourde et sanctionné en tout 18 travailleurs de l’entreprise pris au hasard. Un procès devra avoir lieu à la rentrée, les 27 et 28 septembre au tribunal de Bobigny, lors duquel 16 d’entre eux sont poursuivis pour « violence en réunion ».

La violence des casseurs d’emplois

Pour le gouvernement ce sont donc les salariés qui sont « violents » et non la direction d’Air France, elle qui a supprimé 10 000 emplois en trois ans et réduit au chômage des travailleurs qui n’ont fait que défendre leur gagne-pain ! Le 5 octobre 2015, 2 000 salariés d’Air France avaient envahi le comité central d’entreprise à Roissy lors duquel était annoncé un plan de restructuration impliquant encore 2 900 suppressions d’emplois avec des licenciements secs à la clef. Ces salariés avaient bien des raisons d’exprimer leur mécontentement et de refuser une nouvelle fois les sales coups de la direction. Et si le directeur des ressources humaines avait perdu une pauvre chemise pendant le chahut, ce n’était qu’un juste retour de bâton ! C’est bien ainsi que l’on ressenti des millions de travailleurs solidaires de la colère des salariés d’Air France au moment des faits.

Aujourd’hui, bien qu’Air France s’apprête à annoncer un bénéfice de plusieurs centaines de millions d’euros pour 2016, la direction persiste à vouloir imposer au personnel une aggravation des conditions de travail. Pour faire passer la pilule, le PDG, De Juniac – qui s’était accordé une augmentation de 65 % en 2015 – a été remplacé par un autre qui devrait y mettre plus de formes… Mais son plan Perform 2020, au nom aussi ronflant que celui de son prédécesseur, est de la même eau : réduire les équipages des avions (plus qu’un seul steward ou hôtesse sur certains vols longs), les temps de repos, les rémunérations, augmenter les heures de nuit et de vol pour tous. C’est à dire, tout ce que le personnel subit ces dernières années et que la direction d’Air France veut encore aggraver pour les beaux yeux de ses actionnaires.

Se servir de notre vraie arme : la grève

À toutes ces attaques, les travailleurs ont répondu par des grèves très suivies, les pilotes en juin, le reste du personnel naviguant fin juillet. Car les salariés n’ont pas l’intention de se laisser imposer plus de sacrifices ni de se laisser intimider par les cris d’orfraie de la direction qui a stigmatisé le mouvement comme une « menace pour la survie de l’entreprise ».

La vraie menace que subissent les travailleurs d’Air France, et plus largement tout le monde du travail, c’est celle du recul de nos conditions d’existence que veut nous imposer un patronat avide de bénéfices et qui a un gouvernement au garde-à-vous devant ses moindres exigences.

Eh bien les travailleurs eux aussi ont des armes : leur nombre, prendre conscience qu’ils peuvent faire grève tous secteurs confondus, montrer que sans eux rien ne tourne dans l’économie.

La mobilisation contre la loi Travail a tenu bon pendant quatre mois. Mais il faut maintenant être plus nombreux encore à participer à la lutte.

Dès le 15 septembre, plusieurs syndicats et organisations de jeunesse appellent à une journée de grève contre l’application de la loi El Khomri. Alors il faut tout faire pour renvoyer ce torchon aux oubliettes !

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