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Tribune de la plateforme C dans l’Anticapitaliste : Continuer le NPA pour affirmer l’urgence et l’actualité de la révolution

Mis en ligne le 14 décembre 2022 Article Politique

Drôle de 5e congrès, que 102 délégués sur 210, ceux de la plateforme B (PfB), ont quitté avant même la distribution des mandats, en refusant tout vote. Le parallèle est saisissant avec « l’assemblée représentative » de la FI, qui se tenait le même week-end sans mandat non plus, et sans vote pour éviter, selon les mots de Manuel Bompard, « l’affrontement entre une majorité et des minorités ».

Point d’affrontement mais débat démocratique pour les révolutionnaires que nous sommes ! Débat indispensable dans une situation sans majorité (les deux principales plateformes étant au coude à coude avec 47 voix d’écart) et qui imposait un travail commun et une direction partagée. C’était le mandat d’une majorité de militants dans les AG électives locales, quel que soit leur choix de plateforme, qui l’ont exprimé en adoptant à une large majorité la motion « continuer le NPA » (avec 58,4 % pour et seulement 22,4 % contre, sur 80 % du total des votants puisqu’elle a été présentée dans 38 AG électives sur 43).

Les discussions sur ce fonctionnement commun avaient connu des avancées considérables dans les dernières semaines. Une commission paritaire dédiée, animée par des camarades de la PfB d’Albi et des camarades de la PfC signataires de la motion « continuer le NPA », a rendu son rapport samedi matin. Ces camarades ont considéré, entre autres points positifs, que « la PfC s’inscrit dans la dynamique de la commission pour établir les conditions d’un fonctionnement commun et acceptable pour tous » et a conclu que « les trois Pf ont accepté les règles du jeu, dans une certaine transparence, ont fait des propositions pour alimenter le débat ».

En quittant le congrès, les délégués de la PfB se sont assis sur le mandat des AG électives et sur les travaux de cette commission. C’est un coup de force antidémocratique, annoncé par l’intervention de Philippe Poutou sur BFM le vendredi soir, pendant les travaux d’un congrès auquel il n’assistait pas ce premier jour. Pour quelle politique ?

Quitter une organisation révolutionnaire pour bosser avec la FI ?

Dans cette même interview, l’ancien candidat précise que ce choix est lié à « une situation politique qui se clarifie » en rendant « irréconciliable » l’opposition entre « ceux qui veulent construire un parti de révolutionnaires » et « ceux qui veulent bosser avec la FI ». Nous souhaitons bien du courage à ces camarades qui se disent « unitaires » mais commencent par une scission sans vote, car « construire avec la partie antilibérale de la gauche » ne sera pas une partie de plaisir, à moins de se limiter au rôle de supplétif de la FI comme feue la GA. On espère en tout cas que la FI voudra bien donner à Philippe Poutou, Olivier Besancenot et Christine Poupin l’adresse de ses « assemblées représentatives », et qu’ils ne se retrouveront pas à la porte comme Clémentine Autain !

Ce choix de scissionner notre organisation révolutionnaire pour se rapprocher de la gauche institutionnelle est irresponsable à l’heure où des affrontements sociaux se préparent. Sur fond d’inflation galopante, Macron annoncera le 10 janvier le report de l’âge de départ à la retraite. La Nupes se divise sur la tactique à adopter : les uns soutiennent les efforts de dialogue social de la CFDT (PS, Verts), d’autres proposent la voie sans issue d’un référendum (PCF) et enfin la FI mise principalement sur la dissolution de l’Assemblée. Est-ce aussi dans l’objectif de pouvoir répondre présent à l’appel d’éventuelles législatives sous le slogan « Mélenchon Premier ministre » que la direction de la B tente de saborder le NPA ? Comme cela a été défendu par plusieurs dirigeants de la B en cas de dissolution de l’Assemblée nationale.

Continuer le NPA !

Cette politique est une impasse, en rupture avec la candidature indépendante de Philippe Poutou à la présidentielle de 2022. Pas étonnant que pour la mettre en œuvre, les délégués de la PfB aient dû quitter son congrès !

Dans cette situation nouvelle que nous ne pouvons que regretter, la PfC a continué les travaux du congrès et adopté à l’unanimité la motion « continuer le NPA », le rapport de la commission fonctionnement, une déclaration, et ses délégués ont élu un CPN de 51 membres, paritaire et représentatif des régions et secteurs d’entreprises. Nous avons proposé aux délégués de la PfA de s’y joindre, ils ont pour l’instant décliné. Mais cette direction reste ouverte afin d’inclure toutes les sensibilités du NPA, quelle que soit la plateforme.

Les militants de la PfC, majoritaires en région parisienne, à Lyon, à Lille, à Marseille, à Rouen, en Gironde, mais aussi dans les branches transport, auto, le social ou poste et parmi les 400 militants du secteur jeunes, appellent les comités, branches, commissions et directions de fédération à se réunir au plus vite, sans exclusive de plateforme, pour discuter les bilans de ce congrès et continuer l’activité vers l’extérieur, plus que jamais nécessaire à l’heure où notre parti apparaît affaibli par la scission.

Il y a urgence à intervenir dans tous les milieux, dans tous les combats, contre l’exploitation et contre toutes les oppressions pour faire valoir l’actualité de la révolution. Urgence à contrecarrer les illusions institutionnelles ou réactionnaires, par nos perspectives et notre activité, par la mise en mouvement et l’expérience pratique. Urgence à entrer en campagne pour imposer le thème des salaires sur la scène politique – tant il est déjà l’objet de nombreuses grèves comme à Sanofi ou GrDF. Urgence à préparer la riposte contre l’attaque prévue sur nos retraites, riposte que nous proposerons à tous les militants et toutes les organisations syndicales et politiques de gauche, non pas pour se limiter à une « marche » qui appuierait une nouvelle impasse électorale mais pour en appeler à une mobilisation de l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse, fusion des nombreuses colères et révoltes venues d’en bas, et à un mouvement qui déborde les calculs des appareils syndicaux et politiques – surprenant même les révolutionnaires !

Urgence à renforcer le NPA comme pôle dans le mouvement révolutionnaire, comme outil de regroupement pour la construction d’un parti révolutionnaire des travailleurs.

Rendez-vous dans les cortèges NPA de la marche des solidarités le week-end des 17 et 18 décembre !

Pour participer à l’AG des militants du NPA, en présentiel ou en visio, ce dimanche de 14 à 18 heures, écrivez à continuer.npa.2022 chez gmail.com

Armelle, Aurélien, Gaël, Marie-Hélène, Zara, membres du CE du NPA

(Tribune publiée dans l’Anticapitaliste no 641)

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